«La prison est comme une caisse de résonance de la stigmatisation»

L’Association pour la prévention de la torture a édité un guide sur la situation des LGBTI dans le monde carcéral. «Le Temps» a interviewé son auteur, Jean-Sébastien Blanc.

«Le Temps» consacre un article à la publication d’un guide international consacré à la condition des LGBTI en prison. Pour Jean-Sébastien Blanc, de l’Association pour la prévention de la torture (APT) basée à Genève, il existe un dénominateur commun au niveau mondial: «la surexposition à la violence, qu’elle soit verbale, physique ou psychologique. Le monde carcéral fonctionne comme une caisse de résonance de la stigmatisation à l’œuvre dans la société.»

La question de la protection des femmes trans* dans les établissements pénitentiaires masculins est particulièrement critique, rappelle le chercheur, qui met en garde contre la fausse bonne idée qu’est la création d’unités spécialisées, introduites dans certains pays.

Silence helvétique
La Suisse n’est de loin pas un exemple en matière de traitement des LGBTI en prison. Jean-Sébastien Blanc déplore ainsi la position du Conseil fédéral, qui en 2018 a rejeté le postulat de la conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts/GE) qui demandait un rapport sur ce thème: «L’absence de plaintes ou d’informations n’est pas l’indicateur d’une absence de problème, mais c’est au contraire parce que les personnes LGBTI «n’existent pas» en détention que nous ne voyons pas les problèmes auxquelles elles sont confrontées.»

» À lire sur le site du «Temps»: «En prison, les personnes LGBTI sont surexposées à la violence»

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