L’actu LGBT d’ailleurs…

La sélection de ce qu’il ne fallait pas manquer de l’actualité lesbienne, gay, bi et trans, ce mois-ci chez nos confrères…

29 décembre – Sophie Meyer exorcise ses démons et fait un retour remarqué – et littéraire – dans ses terres natales de Gruyère. «Les cahiers de feu» (Ed. Montsalvens), un récit fortement autobiographique, évoque la mémoire d’un frère qui s’est donné la mort en 1982 et la chape de plomb qui pesait sur l’homosexualité dans la société fribourgeoise d’alors. «Vers 2006, quelqu’un m’a dit que mon frère était homosexuel. Je l’ai cru. Pour moi, ç’a été un choc et une révélation. Une manière de prendre acte de ce que j’avais moi-même enduré en tant que lesbienne», explique l’auteure, ancienne président de l’association genevoise Lestime, à «La Liberté».
27 décembre – Les associations LOS et Pink Cross se sont dotées d’une directrice commune pour la Suisse romande. Muriel Waeger, jeune Yverdonnoise de 24 ans et ancienne coprésidente des Jeunes socialistes, détaille les principaux enjeux de son mandat dans une interview à «24 heures»: «Il reste énormément de travail à faire contre les discriminations, et c’est par la politique, notamment, que les choses changent.»

26 décembre – «Notre» député à l’Assemblée nationale française, Joachim Son-Forget, a-t-il définitivement pété un câble? Après son craquage contre Donald Trump («La France kisses your ass») et son soutien au forain Marcel Campion sur les «homos pervers», l’élu (LREM) des Français de Suisse s’en est pris à la sénatrice écolo Esther Benbassa dans des termes sexistes, «Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer». Le parlementaire s’explique, ou tente de le faire, dans «Libération».
25 décembre – Dans sa série «Avoir 20 ans en Afrique de l’Ouest», «Le Monde» s’intéresse aux jeunes LGBT au Bénin, pays où l’homosexualité n’est pas pénalisée du moins si l’on a plus de 21 ans. Cependant la règle reste le silence, face au risque de moqueries, de harcèlement et de violence. «Nous avons des expressions pour nous reconnaître entre gays. Quand j’arrive à un endroit où quelqu’un me semble être homosexuel, je dis un ou deux mots précis pour m’en assurer», explique Wilfried, qui travaille dans une association de défense des minorités.
20 décembre – Un monde de bons pères de famille venus «promener le chien» ou faire leur footing, et de gays assumés, de jeunes et de vieux, de bruissements de feuilles et de gémissements de plaisir. A force de fréquenter les lieux de drague gay en extérieur pour des maraudes de prévention, Vincent Gouriou y a réalisé un travail photographique avec le concours de l’association brestoise Divers Genres, à voir sur le site Neon. L’occasion d’évoquer les difficultés de rencontre et la solitude dans la communauté gay.
© Vincent Gouriou
18 décembre – Lezgame, le jeu de société consacré à la santé lesbienne et mis au point par Les Klamydia’s, sort cette semaine sa version enrichie, également tournée vers les sexualités hétéro, bi, gay ou trans. On peu aussi se questionner sur soi, et sur les autres. «Parler de sexe, c’est fédérateur et ça fait toujours rire», explique Camille Béziane, cofondatrice du groupe lausannois, au «Temps».
15 décembre – Au lendemain de l’adoption par le Parlement helvétique d’une initiative qui fait entrer l’homophobie dans le Code pénal, mais laisse de côté la transphobie, bravo à «L’Illustré», qui propose cette semaine des portraits et témoignages de personnes trans romandes: Swan, Jenni, Chris, Joana et Lynn, «d’horizons, de cantons et d’âges différents mais tous vivent cette particularité d’être nés dans un sexe qui n’est pas celui auquel ils se sentent appartenir».
Melissa Reid.

11 décembre – «Soyez fier de qui vous êtes». Dans une interview accordée à une association américaine luttant pour les droits LGBT dans le sport, la golfeuse anglaise Melissa Reid a effectué son coming out, rapporte lequipe.fr. «Je sais que je suis homosexuelle depuis très jeune. Je suis tombé amoureuse d’une femme en arrivant sur le circuit européen. Heureusement, ma famille est ouverte d’esprit et je n’aurais pas pu mieux vivre cette histoire.»


10 décembre – François est né il y a 31 ans en Belgique d’une procréation médicalement assistée (PMA) à une époque où cette technique n’était pas autorisée pour les lesbiennes. Lui et ses deux frères et sœurs ont été élevés par leurs deux mamans, qui se sont mariées en 2013. Une procédure d’adoption pour la mère non biologique a été enclenchée dans la foulée. «Nous formons une famille banale», témoigne-t-il dans «Têtu», se disant accablé par les débats sur la PMA en France.

6 décembre – La Hongrie et la Pologne poursuivent un discret travail de sape quant aux valeurs de l’Union européenne, note «Le Monde». L’article se penche sur un texte apparemment anodin discuté par les ministres des Affaires sociales des Vingt-Huit. Les deux pays ont refusé la référence aux LGBTIQ dans le projet de directive traitant de l’égalité de traitement. «Nous avons des valeurs communes dans l’UE reconnaissant l’égalité de droits pour les LGTBIQ. Ne pas les mentionner dans les conclusions du conseil constitue un pas en arrière inacceptable», a déploré le ministre néerlandais Wouter Koolmees.
4 décembre – Depuis le 12 juin, deux amis radicalisés de Seine-et-Marne (banlieue parisienne) sont écroués pour terrorisme. Dans leur collimateur, la communauté gay, selon le «Le Parisien», qui livre quelques détails sur l’enquête. L’un des suspects, Français d’origine pakistanaise, est soupçonné d’avoir ciblé de jeunes homosexuels sur des sites de rencontre à l’aide de la photo d’un tiers, tandis que l’autre, un Tchétchène, bricolait des armes: «Je voulais juste faire comme Mac Gyver à la télé.»
Fabienne Peter

2 décembre – Fabienne Peter est la première femme trans à avoir été admise dans le hockey suisse. Une démarche réalisée avec une étonnante sérénité compte tenu de la réputation macho de ce sport, comme elle le raconte dans «Le Matin dimanche». La jeune Bâloise de 30 ans, qui est restée mariée avec son épouse, est ainsi devenue un peu malgré elle un exemple pour de nombreux jeunes dans la même situation. «Je comprends ceux qui ont besoin d’un nouveau départ, de faire table rase. Mais chez moi, la transition s’est faite en douceur, sans rupture.»
1er décembre – Dans «Le Temps», David Haeberli revient sur une page de l’histoire de la lutte contre le VIH: comment Genève a, en 1996, été pionnière de la trithérapie au nez et à la barbe des instances fédérales. Les autorités – le conseiller d’Etat Guy-Olivier Segond et la conseillère fédérale Ruth Dreifuss – sous pression du Dr Bernard Hirschel des HUG et de l’association Dialogai, avaient livré une bataille avec les très tatillons offices responsables afin de faire valider les nouveaux produits venus des USA. Le Canton avait fini par en acheter lui-même et les distribuer gratuitement – une ruse qui a sans doute permis de sauver des vies. «Je n’attendais plus rien, raconte Anne Courvoisier, une des «miraculés». J’ai suivi le traitement car mon médecin me le demandait. J’étais en réalité préparée à mourir. Ce n’est qu’en fin d’année, lorsqu’un test a montré que mon taux de virémie avait chuté, que j’ai commencé à y croire.»