L’actu LGBT d’ailleurs…

Les Refuges européens à Genève, l’homophobie en France, un cataclysme annoncé au Brésil… La sélection de ce qu’il ne fallait pas manquer de l’actualité lesbienne, gay, bi et trans, ce mois-ci chez nos confrères…

24 octobre – On ne compte plus ses sorties racistes, sexistes et homophobes, frisant souvent l’appel à la haine. Et pourtant, Jair Bolsonaro est aux portes du pouvoir au Brésil. Paradoxalement, le candidat d’extrême droite est acclamé par une large partie des gays, estime Andre Fischer, un influent leader associatif LGBT+ interrogé par Slate. «Ce sont des homosexuels qui disent que l’on a besoin d’ordre. Voir des gays voter Bolsonaro est très effrayant! Au fond, ce que je crains, c’est que les gays acceptent de re-rentrer dans le placard en échange de plus de sécurité.»
18 octobre – Antiquité, archives, colonies: «La fabrique de l’histoire» sur France Culture a consacré quatre émissions passionnantes cette semaine à l’histoire des homosexualités. Particulièrement recommandé: le docu de Franck Thoraval et Thomas Dutter «Les pionniers du Gai Marais», consacré à la naissance du village gay parisien au tournant des années 70-80.
15 octobre – «Arcinfo» a suivi samedi les membres de l’association Togayther qui tenaient un stand place Pury, à Neuchâtel. L’occasion, rare, de sensibiliser les badauds au coming-out lors de sa journée internationale. «Nous avons rencontré certaines personnes en souffrance qui n’avaient pas encore fait leur coming-out. Nous avons ainsi pu les rassurer et mettre en avant notre existence», raconte Loris D’Albenzio, porte-parole de l’association, qui s’est par ailleurs aussi retrouvée face à un individu muni d’une pancarte «Dieu vous sauvera».
11 octobre – Une vague d’agressions en lien avec la campagne électorale au Brésil a marqué la semaine suivant le premier tour de la présidentielle, cristallisant les craintes de voir le pays sombrer davantage dans la violence si l’extrême droite arrivait au pouvoir le 28 octobre, selon l’AFP (via «Le Monde»). On ne compte plus les agressions de militants indigènes et sans-terre, d’électeurs de gauche, de transsexuels, de travestis, de gays et de lesbiennes. Un épisode résume le climat délétère: début octobre, une plaque en hommage à Marielle Franco, conseillère municipale de Rio et avocate des LGBT et des Noirs assassinée, a été décrochée lors d’un meeting de campagne d’un certain Rodrigo Amorim. Vêtu d’un T-shirt à l’effigie de Jair Bolsonaro, l’homme a brandi son trophée devant une foule en liesse en criant: «C’est fini, toute cette merde. Maintenant c’est Bolsonaro!» Amorim a été élu.
9 octobre – Suisses, Français, Italiens, Belges et Espagnols: tous sont des représentants de structures d’accueil de jeunes LGBTIQ. Ces Refuges étaient réunis au bout du lac la semaine dernière, rapporte la «Tribune de Genève». «Nous avons envie de construire quelque chose de fédérateur, d’apprendre des pratiques de tout un chacun et de s’en inspirer», explique Pascal Messerli, président de Dialogai, qui a lancé le premier (et unique à ce jour) Refuge de Suisse en 2015. Parmi les sujets d’échanges: le financement, toujours problématique, de ces structures, très dépendantes des dons privés.
8 octobre – Peut mieux faire. C’est l’avis du Défenseur des droits sur la politique de la France en matière de lutte contre les LGBTphobies. Dans son rapport, épluché par Komitid, il dresse notamment un bilan «très mitigé» des pôles anti-discrimination mis en avant par le gouvernement pour accompagner les victimes de violences. Dans le monde de l’éducation, les professionnels «restent trop peu sensibilisés et mobilisés sur le sujet ». Même constat sur les établissements pénitentiaires, où les détenus LGBT finissent trop souvent à l’isolement. Par ailleurs le Défenseur des droits regrette qu’aucune mesure législative ne combatte les thérapies de conversion.
1er octobre – «Est-ce ainsi que les hommes se vivent»: c’est le joli titre, clin d’oeil à Aragon, des quatre documentaires radio diffusés cette semaine dans «LSD» sur France Culture (et à réécouter sur le site). Particulièrement recommandé, le premier volet, «C’est quoi un garçon?», donne la parole à Christophe et Eddy, qui témoignent de la difficulté à composer avec cette masculinité embarrassante, ainsi qu’à Estéban, née fille, qui explique en miroir sa démarche existentielle pour entrer dans la masculinité.

1 comments

Comments are closed.