L’actu LGBT d’ailleurs…

De la signification du mot «diva» à celle des couples «blessés» en passant par la Russie et un patron antigay… La sélection de ce qu’il ne fallait pas manquer de l’actualité lesbienne, gay, bi et trans, ce mois-ci chez nos confrères…

17 août – Alors que l’émotion est toujours vive autour de l’agression barbare sur cinq femmes à Genève, «24 heures» rapporte un nouvel épisode de violence nocturne, dans la nuit du 5 au 6 août à Lausanne. Sébastien 38 ans, a été passé à tabac par cinq hommes au retour de la soirée gay du MAD. «Je suis homo, c’est vrai, je ne le cache pas, mais ce n’est pas pour autant marqué sur ma figure. En tout cas, je ne jouerai pas de mon orientation sexuelle pour expliquer mon agression. J’ai été passé à tabac comme n’importe quel hétéro», explique ce barman qui s’en est sorti avec le haut du crâne fendu, des dents cassées, la mâchoire ouverte et de nombreux hématomes. «C’est inadmissible. Pas que cela me soit arrivé à moi, je ne fais pas la victime, mais que cela puisse se produire ici. Ce n’était pas une simple bagarre. C’était de la violence pure. Juste comme ça. Parce qu’ils avaient envie de passer quelqu’un à tabac. C’est tombé sur moi.»
15 août – Le municipal socialiste Cédric Némitz n’a pas apprécié d’être qualifié de «diva capricieuse» dans le journal «Biel Bienne». Une tribune d’un journaliste affilié à l’UDC l’accusait de ne pas supporter la remise en cause de son autorité, mais aussi ses attitudes prétendument arrogantes et misogynes, rapporte lematin.ch. Le politicien, qui est ouvertement gay, a répliqué sur Facebook: «L’antisémitisme, le racisme, la xénophobie et l’homophobie ne sont pas des opinions, c’est un délit.» Rédacteur en chef de l’hebdo, Mohamed Hamdaoui a défendu l’édito, rappelant que le footballeur Neymar avait été traité de diva pendant tout le mondial, «Ce n’était pas pour se gausser de son éventuelle homosexualité, mais pour pointer du doigt ses traits de caractère et son incapacité à accepter la moindre critique.»
13 août – L’évêque de Sion, Jean-Marie Lovey a invité les couples non mariés ou ceux qui ne se sont unis que civilement à une rencontre le 1er septembre prochain, rapporte «Le Nouvelliste». Plus que l’initiative, inspirée par le pape François, c’est la formulation de l’invitation qui fait tiquer. Le prélat y parle de «couples blessés», et évoque leur situation «irrégulière». Martial de Montmollin, ex-président des Verts vaudois, a repris la balle au bond pour proposer à Mgr Lovey de rencontrer aussi des personnes qui comme lui vivent dans des couples de même sexe. «J’aimerais bien me marier, mais je pense qu’il ne permettrait pas cela». En 2015, à l’occasion de la gay pride dans sa ville, l’évêque avait qualifié l’homosexualité de faiblesse de la nature et considéré qu’elle était «guérissable».

6 août – En marge des Gay Games à Paris, un fournisseur de boissons s’est vanté d’avoir reversé ses bénéfices à la Manif pour tous. Merci le «lobby LGBT pour sa générosité pour de si belles cause», a ironisé le patron Emmanuel de Préval sur Twitter. Le limonadier était en fait sous contrat pour une seule soirée, une commande aussitôt annulée, note France 3. Réaction des réseaux sociaux: une invitation aux autres clients de la société Barnum (dont Roland Garros ou la Fiac) à boycotter dorénavant le fournisseur.
4 août – Environ 25 militants des droits LGBT ont été embarqués par la police au cours d’une manifestation sur la touristique place du Palais, dans le centre de Saint-Pétersbourg, rapporte Euronews. La ville avait interdit le rassemblement au nom de la loi contre la propagande homosexuelle.
3 août – A découvrir dans «Libé», une interview éclairante du socio-anthropologue Laurent Gaissad. A l’ombre du mouvement #MeToo, qu’en est-il des rapports de domination entre hommes, singulièrement au sein des espaces de dragues gay? «On me disait que c’était risqué et fréquenté par des gens en pleine misère sexuelle ou affective. J’ai découvert un fonctionnement collectif bienveillant, où des règles partagées permettent d’accéder au plaisir.» Le chercheur aborde une vision dédramatisée et lucide des phénomènes contemporains comme le chemsex, le «filtrage» des partenaires sur les apps de drague ou encore la prep.

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