Revue de web

En bref, l’actualité LGBTQ+ d'ici (et de pas loin) glanée dans la presse et sur les réseaux...

Bienne a renoué avec la Pride

Treize ans après avoir accueilli la marche des fiertés romandes, Bienne a vu défiler une nouvelle fois la Pride ce samedi, sous le slogan «One Family». Point d’orgue d’une semaine d’activités, quelques centaines de personnes ont arpenté le parcours, de la place de la gare de la gare à celle de l’Esplanade. Loin en tout cas de la prévision de 4000 participant·e·s relayée par «Le Journal du Jura». «Si on avait su, on n’aurait pas bloqué le centre-ville», dit un policier cité par lematin.ch, faisant référence à la suspension des transports publics dans le secteur.

Alessandro Wenger, un des organisateurs, s’est néanmoins réjoui d’y croiser des militant·e·s venus de tout le pays. «C’est le signe qu’on doit garder une Pride ici dans les prochaines années, et pas seulement à Genève et à Zurich, parce qu’ici on est sur le röstigraben, où l’on peut connecter la Suisse alémanique et la Suisse francophone», a-t-il déclaré au micro de la RTS.

Publié le 29 août 2021 . Thèmes: ,,,

Deux «mini-Pride» à Zoug et Bienne

Qui a dit que les Pride étaient réservées aux capitales? En cet été (post-)pandémique, les initiatives se multiplient pour hisser le drapeau arc-en-ciel dans les régions périphériques. Après Coire, qui a célébré sa semaine des fiertés fin juin, c’est au tour de deux autres villes suisses de faire leur Pride en ce mois d’août. Zoug se vante d’organiser la plus petite du monde, autour du Galvanik, un centre culturel de la ville. «Cela vaut la peine d’encourager les jeunes queers à être visibles et de montrer que nous sommes une partie indispensable et responsable de notre société», explique Remo Hegglin, co-organisateur, à Zentral+. Rendez-vous le 21 août pour une journée d’activités et de festivités.

Dès le lendemain, et pour la semaine suivante, c’est Bienne qui allumera les feux. La Pride Biel/Bienne annonce plusieurs événements festifs, culturels et politiques, avant un défilé en ville le samedi 28 août, sous le slogan «One Family». Bref, deux excellents tours de chauffe avant les Marches des fiertés de Zurich, le 4 septembre, puis de Genève, le 11, et autant d’occasion de se mobiliser pour le «oui» au mariage civil pour tou·te·s le 26 septembre.

Publié le 7 août 2021 . Thèmes:

Les images sont cheap, les arguments aussi

Les opposants au mariage pour tou·te·s ont dégainé leurs premières affiches, qui orneront bientôt les rues de Suisse. Il fallait s’y attendre, elles ne font pas dans la dentelle. Pour inviter les Suisse·sse·s à voter non le 26 septembre, les milieux ultraconservateurs sont allés puiser des photos d’enfants dans une banque d’images.

On retrouve ainsi une illustration censée représenter un gamin déçu par la défaite de son équipe de foot favorite, à qui l’on fait dire «Pourquoi est-ce que je n’ai pas de papa pour jouer avec moi?» en grosses lettres sur fond noir. Deuxième version: un bébé en pleurs: «Je n’ai pas de maman». Cette photo de l’agence Getty, elle, a pour thème l’obésité infantile. Elle est recadrée de façon que l’on ne voie pas le gâteau à côté duquel le garçonnet, dodu, est assis.

Le comité Mariage civil pour tous dénonce un choix iconographique révélateur du «détournement de sens mensonger» pratiqué par les opposants au texte.

Publié le 4 août 2021 . Thèmes: ,

Genres: une école zurichoise introduit l’option «X»

L’idée est venu dans le cadre des discussions en classe sur les questions LGBTQ+. L’école secondaire II de Feld, un établissement public de la ville de Zurich, a décidé d’adapter son formulaire destiné à identifier les personnes répondantes des élèves, rapporte 20 Minuten. Non seulement il permet de définir deux pères ou deux mères, mais il comprend désormais aussi une option «X» pour les parent·e·x·s non binaires.

Janna Kraus, de Transgender Network, salue cette adaptation: «Proposer une variante supplémentaire fait sens et est d’une grande utilité», même si les registres officiels ne reconnaissent que les genres masculin et féminin. La possibilité d’une réforme de l’état civil sur ce point, suggérée par le Conseil fédéral à plusieurs reprises ces dernières années, ne s’est pas encore concrétisée au niveau législatif ou administratif.

Publié le 27 juillet 2021 . Thèmes: ,,,

Le télétravail, frein au coming-out

Vivre ouvertement son orientation sexuelle ou son identité de genre au boulot, c’est bien beau, mais à quoi ça sert au juste? Le géant du travail temporaire Manpower a publié une enquête européenne à ce sujet, relayée par Le Temps. Le fait d’être ouvertement LGBTIQ+ est majoritairement perçu comme handicapant au moment de l’embauche, mais profitable une fois en emploi, notamment au niveau de l’engagement et de l’innovation. «Avoir fait son coming-out permet à la personne de se concentrer entièrement sur son travail et non pas ce qu’elle aurait à cacher, et donc d’être plus productive», explique la chercheuse Leïla Eisner, coresponsable du Panel Suisse LGBTIQ+. Elle préconise par ailleurs des offres d’emploi plus inclusives, afin d’éviter que les personnes LGBTIQ+ aient à s’inquiéter sur ce point lors du processus de postulation.

L’étude suggère que le basculement dans le télétravail a eu un impact négatif sur ce point. Une question de liens de confiance avec les collègues, plus difficiles à tisser en distanciel, pense Leïla Eisner. «Le coming-out au travail se fait habituellement plus lors de petites discussions à la pause café qu’à travers des grandes annonces.»

Publié le 22 juillet 2021 . Thèmes:

L-Check, la santé au féminin pluriel

Vaud se dote à son tour d’une structure vouée à la santé des femmes qui aiment les femmes (FSF). Sous l’égide de PROFA, le L-Check a été inauguré vendredi dans les locaux de la fondation, à Renens. Il propose – sur rendez-vous tous les jeudis après-midi – des consultations assurées par une infirmière-conseillère en santé sexuelle et une médecin. Au menu: dépistages (IST, cancers), contrôles gynécologiques, santé psychique et généralement toutes les thématiques en lien avec la santé et l’intimité. Le public visé ne se limite pas aux femmes lesbiennes, mais comprend «toute personne qui se sent concernée, indépendamment de son identité de genre ou de son orientation». En mars dernier, une initiative similaire avait été lancée à Checkpoint-Genève: une consultation FSF hebdomadaire était née de la collaboration entre les associations Lestime et Dialogai.

Plus d’infos sur profa.ch/l-check

Publié le 4 juillet 2021 . Thèmes: ,,

«Beaucoup de conservateurs trouvent que le mariage est bon pour tout le monde»

La campagne pour le mariage égalitaire en Suisse a été lancée tambour battant la semaine dernière par le Conseil fédéral, puis par le comité national pour le «oui» à la votation du 26 septembre. L’occasion pour le Tages-Anzeiger de se pencher sur la division au sein de l’UDC autour de cette question. Une partie des élu·e·s du premier parti de Suisse avait soutenu le texte au Parlement. Engagé pour le «non» au niveau national, l’UDC a ensuite vu des sections locales appeler à voter «oui», puis la formation d’un comité favorable à la nouvelle loi.

Pour le politologue Michael Hermann, cela montre à quel point les mentalités ont changé en Suisse et dans le monde occidental. «Il n’y a quasiment aucun autre thème où le clivage aura été autant repoussé ces dernières années.» Et de citer l’exemple de la (autrefois) très catholique Irlande, qui avait accepté par référendum l’ouverture du mariage à 62% en 2015.

En Suisse, le chercheur note que l’électorat conservateur-religieux, bastion du «non», a tendance à stagner, et se retrouve plutôt au sein de l’UDF. Du côté de l’UDC, focalisé sur les questions de souveraineté ou d’immigration, les réticences sont moins fortes. Le mariage pour tout·e·s est un sujet qui «n’est pas lié à l’argent et n’a pas de conséquences directes pour la plupart d’entre eux. C’est avant tout une question morale, et les questions morales peuvent soudainement changer de sens. En l’occurrence, beaucoup de personnes conservatrices dans d’autres domaines sociétaux trouvent que le mariage est bon pour tout le monde.»

Engouement surestimé
Un récent sondage commandité par Pink Cross avait trouvé que plus de la moitié des électrices et électeurs (62%) affilié·e·s à l’UDC étaient favorables au mariage égalitaire. Michael Hermann relativise. «Le vote ne sera pas si clair. Lorsqu’il s’agit de valeurs fondamentales comme celle-ci, l’approbation est généralement surestimée au début. Notamment parce que les répondant·e·s ne veulent pas apparaître rétrogrades. Ce que montre l’enquête, en revanche, c’est que le rejet au sein de l’UDC est supérieur à la moyenne. Peu importe comment il se positionne, le parti politise une grande partie de son électorat. Mais parce que ce sujet ne fait pas partie de ses thèmes centraux, cela prête peu à conséquence.»

Publié le 3 juillet 2021 . Thèmes: ,,,

Agression homophobe dans la liesse de la victoire à l’Euro

Fausse note dans le joyeux concert de klaxons qui a suivi la victoire de la Suisse contre la France, dans la nuit de lundi à mardi. Le Nouvelliste rapporte qu’une agression homophobe s’est produite au milieu de la liesse dans les rues de Martigny (VS). Un groupe d’ami·e·s qui avaient décidé de parader en voiture avec un drapeau arc-en-ciel s’est fait attaquer par cinq individus qui ont tenté de le leur arracher des mains. Insultes et menaces de mort ont fusé, tandis que la conductrice, âgée de 23 ans, recevait des coups au visage.

Une plainte a été déposée dès le lendemain. Les victimes avaient identifié l’auteur présumé des coups grâce à des félicitations envoyées à ce dernier sur Snapchat, raconte Blick. «Ces actes sont trop graves pour être passés sous silence! On continuera à exprimer qui l’on est, malgré les menaces. Nous devons le faire pour tous ceux qui vivent dans l’oppression», déclare la jeune femme, qui avait participé la veille au rassemblement pour le lancement de la campagne pour le oui au Mariage pour tou·te·s.

L’incident renforce la détermination des associations dans leur demande que la police cantonale valaisanne tienne des statistiques des agressions à caractère LGBTQ-phobe, question abordée récemment dans une interpellation au Grand Conseil.

Publié le 1er juillet 2021 . Thèmes: ,,