Monde Italie

Coronavirus et loi contre l’homophobie dans le même sac

4 mars 2020

Des publicités mensongères fleurissent dans les rues d’Italie pour mobiliser l’opinion contre un projet de pénalisation des discours de haine anti-LGBT.

Pour les Suisses sortis le mois dernier de l’éprouvante campagne pour l’extension de la norme pénale antiraciste à l’orientation sexuelle, il y a comme un air de déjà vu… Le 30 mars, la Chambre des députés italienne entamera l’examen d’une très attendue loi contre l’homophobie et la transphobie. Le texte du député du Parti démocrate (centre gauche) Alessandro Zan prévoit la pénalisation de l’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence contre les personnes LGBT. Il étendrait le périmètre de l’article 604bis du Code pénal, un complément à la fameuse loi Mancino qui punit le racisme et la xénophobie… et que rêve d’abroger une extrême droite transalpine qui a plus que jamais le vent en poupe.

Depuis quelques jours, l’opposition à ce texte s’affiche en grand format dans les rues de Rome, à l’initiative du lobby ultraconservateur Pro Vita e Famiglia. Ce dernier ne fait pas dans la demi-mesure. «Sais-tu que tu risques une condamnation pour homotransphobie si tu crois que l’on naît homme ou femme et que tu l’enseignes à tes enfants?», peut-on y notamment lire en surimpression de personnages bâillonnés ou de couples menottés. D’autres messages issus de la même campagne font en outre allusion à la crise du coronavirus et au «chaos économique» pour fustiger la «priorité accordée par notre majorité [ndlr: la coalition du centre gauche et du Mouvement 5 étoiles] à une loi liberticide».

Intox et récup
Les partisans de la «loi Zan», à commencer par les associations LGBT, sont estomaqués par autant de désinformation et de récupération politique. «Les exemples que brandissent [Pro Vita e Famiglia] ne conduiraient à aucun crime», rappelle le site gay.it. «La loi ne punirait pas «vos idées», mais les appels à la haine. Mais évidemment Pro Vita e Famiglia a peur, parce qu’ils devront cesser de nous insulter, de nous diffamer et de répandre des mensonges au quotidien, obsédés qu’ils sont par notre communauté.»

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