Une réapparition peu rassurante

Deux semaines après une convocation à la police suivie d’un long silence, Kasymberdy Garayev est réapparu pour se rétracter de son coming-out et de son témoignage sur la répression des LGBT au Turkménistan.

Kasymberdy Garayev, jeune médecin turkmène qui avait disparu après avoir témoigné de sa condition de gay dans le très répressif pays d’Asie centrale, est soudain réapparu mercredi. Le jeune homme a contacté Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) pour affirmer que les messages et reportages à son propos le mois dernier étaient entièrement «faux», sans préciser en quoi. Auparavant, la chaîne pro-occidentale avait reçu l’appel d’un homme se présentant comme son père, et affirmant que son fils «se portait bien», comme le reste de la famille.

Le cas de Kasymberdy Garayev avait attiré l’attention des médias et des ONG internationales après qu’il avait été convoqué par la police, le 24 octobre. Trois jours plus tôt, RFE/RL avait diffusé le reportage où le médecin de 24 ans racontait avoir subi des pressions et des violences en raison de son homosexualité.

Avant de se rendre aux forces de l’ordre, le jeune homme avait confié à la chaîne un message «au cas où il lui arriverait quelque chose». En larmes, il y exprimait ses craintes et demandait pardon à ses proches. Depuis lors, Garayev, mais aussi ses parents, frères et sœurs étaient inatteignables.

Vidéo envoyée «par erreur»
Ce dernier enregistrement aurait été envoyé «par erreur», et n’était pas destiné à RFE/RL, a prétendu Garayev mercredi. Dans le même temps, la clinique prestigieuse où Kasymberdy Garayev exerçait comme cardiologue a indiqué à RFE/RL «qu’il ne travaillait plus là».

Contrairement aux autres ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, l’homosexualité (définie comme «rapports sexuels entre hommes») est illégale au Turkménistan et passible de 2 ans de prison. Les services de sécurité y pratiquent les examens anaux forcés, entre autres méthodes de torture.

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