Le pasteur Martin Ssempa (ici en 2010), un des promoteurs les plus passionnés de la lutte contre la «sodomie».

Retour du cauchemar «Kill the Gays»

Un nouveau projet de loi visant à introduire la peine de mort pour homosexualité serait à l’ordre du jour du Parlement de Kampala.

On n’en a décidément pas fini avec la menace «Kill the Gays» en Ouganda. Ce surnom sinistre est celui d’un projet de loi qui prévoit la peine de mort pour «homosexualité aggravée», notamment avec des mineurs ou en cas de récidive. Le texte a fait hier son retour à l’ordre du jour du Parlement de Kampala, cinq ans après son abandon au grand soulagement des LGBTQ+ ougandais.

À l’époque, cette législation inspirée par des missionnaires protestants extrémistes avait provoqué une levée de boucliers internationale, certaines agences allant jusqu’à mettre dans la balance l’aide au développement fournie au pays. Au bout de plusieurs années de débats virulents, marqués par des campagnes d’outings dans la presse, le projet de loi avait été abandonné de justesse. Le quorum n’avait pas été atteint le jour du vote, en août 2014.

Se félicitant de cette nouvelle offensive antigay, le ministre de l’Éthique et de l’Intégrité, Simon Lodoko, a déclaré vouloir également punir «la promotion et le recrutement» d’homosexuels: «L’homosexualité n’est pas naturelle aux yeux des Ougandais. Il y a eu des recrutements massifs par des personnes gay dans les écoles, où elles promeuvent le mensonge consistant à dire que les gens sont nés comme ça.»

«Épuisés»
Frank Mugisha, un des leaders de la communauté LGBTQ+ dans le pays d’Afrique australe de 41 millions d’habitants, s’est promis de repartir au combat comme il y a cinq ans. Mais «les Ougandais sont vraiment épuisés», a-t-il ajouté. «Ils n’ont vraiment pas besoin de cela en ce moment.»

L’Ouganda a déjà une des législation les plus répressives d’Afrique en matière d’homosexualité. Le Code pénal local, hérité de l’ère coloniale britannique, prévoit une peine de prison à perpétuité pour «délits contre nature».

Mise à jour 14.10.2019: Le Gouvernement ouganadais a démenti toute volonté de réintroduire le projet de loi antigay, comme cela avait été annoncé il y a quelques jours par un ministre. «Les dispositions actuelles sont suffisantes», a déclaré le porte-parole Ofwono Opondo, cité par le site ougandais «The Observer».

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