Mort violente de l’étoile montante gay du trap

«Role model» pour les jeunes LGBT portoricains, le chanteur Kevin Fret, 25 ans, a été abattu en pleine rue. Son ou ses assassins courent toujours.

Il se présentait volontiers comme «le premier artiste gay de latin trap». Kevin Fret a trouvé la mort à 25 ans, jeudi à l’aube. Le chanteur portoricain a été la cible de tirs mortels alors qu’il circulait à moto dans une banlieue de San Juan. Il a été atteint de deux balles, dont une à la tête.

Le latin trap est un style musical actuellement très populaire aux Etats-Unis, mélangeant trap (un sous-genre de hip-hop synthétique) et sons caribéens. «Fret représentait une vue rafraîchissante de ce genre musical, qui est très homophobe et très machiste», explique Samy Nemir Olivares, un écrivain et activiste portoricain, au «New York Times». «A Porto Rico, c’est un acte de résistance.»

Fret avait publié en avril dernier un single qui avait fait sensation. «Soy Así» («Je suis comme ça») a été vu une demi-million de fois sur YouTube. «Je suis une personne qui se fiche de ce que les autres ont à en dire», avait-il alors confié à Billboard. «Diferente», un autre clip, sorti en juillet, le montrait avec d’incroyables faux cils, le front recouvert de strass.

Clash
Cet affichage résolument queer a valu à Kevin Fret d’être ciblé dans les paroles de chanteurs rivaux. Il affirmait par ailleurs avoir été victime d’une agression homophobe à Miami, en juin dernier, à l’issue d’une rixe pour laquelle il avait été inculpé. Pour l’instant, on ignore si sa mort est liée à son statut d’artiste ouvertement gay. L’auteur des tirs mortels n’a d’ailleurs pas été retrouvé. La police recherche un motocycliste qui était au côté de Fret et qui aurait pris la fuite après les tirs.

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