L’espoir déçu des Taïwanais

Dix-huit mois après un arrêt historique de la Haute cour taïwanaise, l’ouverture du mariage civil à tous les couples risque d’être enterrée à la suite d’un référendum.

Le principe semblait pourtant acquis, après un arrêt de la Cour suprême taïwanaise de mai 2017. Le gouvernement avait deux ans pour inscrire le mariage pour tous dans la loi, une première en Asie. Il aura finalement été pris de vitesse par les conservateurs, qui ont lancé pas moins de trois référendums sur les questions LGBT, dont un demandant la définition du mariage comme l’union exclusive d’un homme et d’une femme. Lors de la votation de samedi, ce texte a récolté plus de 7 millions de «oui» (72% des voix) sur 19 millions d’électeurs, soit plus de deux fois plus que le référendum rival en faveur de l’ouverture du mariage à tous les couples lancé par les milieux LGBT. Bien que le scrutin n’ait qu’une valeur consultative, le projet de loi risque bien d’être enterré.

Les militants de la Coalition pour le mariage égalitaire ont reproché au gouvernement nationaliste – par ailleurs largement désavoué par des élections locales qui se déroulaient le même jour – à empêcher les manœuvres des conservateurs.

La campagne sur les réseaux sociaux a été cacophonique, marquée par des rumeurs brandissant la menace d’un afflux d’immigrés séropositifs en cas de «oui» au mariage pour tous, ou encore des prophéties sur une chute de la natalité. Un autre objet demandant que les questions LGBT ne soient pas incluses dans le cursus scolaire obligatoire a également été largement accepté (67%).

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