Monde Escapade

Dernier tango à Buenos Aires

16 mars 2009

N’ayant décidemment plus rien à envier aux métropoles européennes, la capitale argentine réserve à ses visiteurs son lot d’émotions fortes et de surprises, entre milonga gay et chasse au bear dans la Pampa.

«Buenos Aires est sans doute la ville la plus gay-friendly d’Amérique du Sud!» lâche Camilo, beau trentenaire porteño (le nom des habitants de la capitale). «Le contrat d’union civil existe ici depuis 2003. Et je vois de plus en plus de couples homos qui se baladent en pleine rue, main dans la main!» Franck, un steward français fanatique de Buenos Aires s’est acheté un pied à terre en plein Palermo: «Ici, les garçons sont virils, sensuels et sexy, avoue-t-il…Ce sont des mecs, des vrais!»

Hype austral
Ce n’est pas le seul point fort de Buenos Aires. A la fois moderne et conservatrice, la ville a de multiples atouts pour séduire. Palermo, le quartier «bobo» qui aligne une multitude d’énormes maisons du début du siècle, transformées en restaurants branchés à la décoration soignée, ou en boutiques de mode dignes des quartiers les plus «hype» de Londres ou Berlin. San Telmo, l’un des plus vieux quartiers, et ses rues pavées, ses antiquaires et bars à tango. La Recoleta, quartier bourgeois dont l’architecture haussmannienne vaut à la ville le surnom de «Paris d’Amérique latine». Ou encore Puerto Madero, le quartier des docks et ses bâtiments industriels qui abritent désormais les appartements et les hôtels les plus chers du pays.
Coté gay, la large palette de sorties que propose la capitale argentine n’a (presque) plus rien à envier aux capitales européennes. Il y en a pour tous les goûts. Clubs électro et glamour où les mecs se trémoussent torse-nu, soirées pop et punk festives où s’éclate la jeunesse porteña, salons de tango gay… et même une boîte perdue en pleine Pampa, rendez-vous des gauchos gays, où la soirée bear hebdomadaire réunit plus de 500 personnes. Pour les moins timides, plusieurs «sex bars» ont vu le jour, qui viennent s’ajouter aux vieux cinémas pornos, vestiges de la dictature militaire.

Mixité
Avant de revenir à Buenos Aires, Camilo a vécu en Espagne. «J’ai adoré Barcelone. Mais paradoxalement, dans une société aussi ouverte, j’ai trouvé que les gens s’enfermaient dans un ghetto. Ici, c’est tout le contraire. La nuit gay porteña est très attachée à la mixité. Il n’y a d’ailleurs pas de quartier gay.» Une mixité qui va parfois plus loin. «La bisexualité est ici plus développée. Même les hétéros sont plus ouverts à de nouvelles expériences» souligne Franck… qui se remet encore d’une récente aventure avec le maçon d’un chantier voisin.
Autre caractéristique de la ville, l’humour des porteños. Au pays de Mafalda, c’est une composante nécessaire à toute relation sociale, que cela soit avec son mec, ses amis ou son boucher. «Malgré les difficultés économiques et politiques récurrentes que notre pays connait, on essaye de garder notre joie de vivre et notre énergie. L’Argentin est cynique, mais jamais blasé!» nous explique Carlos, jeune designer de San Telmo.

Buenos Aires nocturne

Milonga gay
Ne manquez pas le rendez-vous des fans de tangos à la Marshall, première milonga gay et lesbienne de Buenos Aires. Tout les mercredis, un public d’aficionados argentins et de touristes novices se retrouvent pour danser au son du bandonéon. Vous verrez évoluez d’excellents couples sur la piste et qui sait, prendre votre premier cours de tango. Si vous ne passez pas votre temps à regarder vos pieds, vous pourrez même croiser les regards charmants de garçons et filles prêts à pardonner votre style très approximatif. Drague douce et légère.
La Marshall, Maipú 444. Tous les mercredis, dès 22h. www.lamarshall.com.ar

En mal de sensations fortes?
…Direction, Suipacha! A 1h30 de route de Buenos Aires, ce village planté en pleine Pampa est le point de rencontre des «gauchos gays». La boite, Zona X, est une grange aménagée où se réunit chaque semaine une faune surréaliste: gauchos, ouvriers agricoles, camionneurs de passage, travestis, jeunes agriculteurs mariés… L’ambiance est conviviale et authentique. «Ici, tout peut arriver!» résume Facundo, l’un des propriétaires. Sur le dancefloor, sur le bar, dans la backroom (qui ne désemplit pas) et même dans les champs voisins. «C’est un peu notre Brokeback Mountain à nous!»
Zona X, tous les jeudis et samedis, à partir de minuit. www.xzonax.com.ar

Pop, pop et re-pop!
Deux soirées, un seul concept: de la pop, de la pop et encore de la pop. Lors des Plop et des Ambar la Fox, on s’éclate sur de la pop commerciale, latino et américaine. Sur scène, spectacles rétro avec chanteuses décadentes ou chorégraphies punk délirantes se succèdent. Deux soirées qui sentent bon la liberté et le défoulement. L’entrée et les boissons sont très bon marché, en adéquation avec le budget de la clientèle, qui revient chaque semaine en plus grand nombre. Armez-vous de patience, la queue à l’entrée est souvent très, très longue.
Fiesta Plop, El Teatro, Rivadavia 7806. Tous les vendredis, à partir de minuit.
Ambar la Fox, The Roxy, à l’angle des avenues Alvarez Thomas et Federico Lacroze, tous les samedis, à partir de minuit.

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