Les trans dans le collimateur de Trump

La presse américaine rapporte que la Maison-Blanche veut démanteler les protections dont bénéficient les trans et introduire dans la loi le caractère soi-disant immuable du sexe de naissance.

C’était à craindre… et ça se confirme. L’administration américaine démantèle les droits des LGBT, à commencer par la dernière lettre de l’acronyme. Comme le rapporte le site britannique Pink News, un brief du Département de la justice distribué mercredi recommande d’exclure les personnes trans des catégories concernées par le Civil Rights Act. Ce texte historique de 1964 interdit la discrimination «contre un individu en raison de sa race, couleur, religion, sexe ou de son origine nationale».

La prise de position intervient alors que la Cour suprême se penche sur le cas d’Aimee Stephens, une employée de pompes funèbres de Detroit, licenciée en 2013 pour s’être présentée au travail habillée en femme. Le brief du Département de la justice estime qu’un employeur a le droit d’ appliquer «un dresscode spécifique au sexe sur la base du sexe biologique de Stephens, plutôt que sur son identité de genre». Le document prend soin de ne jamais utiliser de pronoms genrés pour désigner la plaignante.

Au début de la semaine, le «New York Times» avait dévoilé un memorandum du Gouvernement fédéral qui proposait d’adopter une définition du sexe comme «les traits biologiques immuables identifiés lors de ou avant la naissance», niant du même coup l’existence juridique de 1,4 million de trans vivant aux Etats-Unis. En réaction, une campagne a été lancée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #WontBeErased («On ne nous effacera pas»).

«Voie destructrice»
«L’administration Trump-Pence continue sur la voie destructrice qui met les personnes transgenres en danger accru de discrimination et de violence. Voir le Département de la justice ignorer aussi nonchalamment d’importants précédents juridiques est profondément préoccupant», a commenté Sarah Warbelow, de Human Rights Campaign

La question trans obsède la droite dure américaine, notamment depuis l’éclatement d’un phénomène de panique morale autour de la question de la liberté d’utilisation des WC publics. Pour satisfaire le cœur de son électorat, Donald Trump a entrepris d’exclure les trans des forces armées. Ces dernières «ne peuvent être encombrées par les énormes coûts médicaux et les perturbations que les transgenres entraîneraient», avait tweeté le président l’an dernier. Mais cette mise à l’écart se heurte pour l’instant à la justice.

Caitlyn s’en veut

C’est dans ce climat que Caitlyn Jenner, ex-athlète et personnalité trans de la téléréalité, a reconnu – un peu tardivement – qu’avoir soutenu Donald Trump avait été une erreur. «Il a nié notre humanité. Il a insulté notre dignité pour tenter de rallier la frange la plus à droite de son parti», a écrit la vedette de 68 ans dans une tribune publiée par le «Washington Post».

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