L’interdiction du mariage homosexuel tourne au fiasco

Faisant suite à une pétition des milieux conservateurs, le référendum constitutionnel pour une définition «traditionnelle» du mariage a été boudé pour quatre électeurs sur cinq.

L’appel au boycott a porté ses fruits, ce week-end en Roumanie. Le référendum qui prévoyait de graver dans le marbre le mariage comme institution hétérosexuelle a certes donné lieu a un très large «oui», mais il n’a mobilisé que 20,4% des électeurs, très loin du minimum de 30% requis pour valider le vote. «Aujourd’hui nous avons montré que nous ne nous laissons pas berner par ces manœuvres politiques qui poussent à la haine et la dissension. L’électorat a montré son attachement dans la voie européenne suivie par ce pays et dans nos valeurs communes basées sur la dignité de chaque personne, quelque soit son orientation sexuelle», a écrit l’association LGBT Accept dans un communiqué.

C’est une gifle pour le gouvernement dit «social-démocrate», qui espérait avec ce vote faire diversion des affaires de corruption et des controverses sur sa réforme du système judiciaire. Il avait même décidé d’organiser la consultation sur deux jours au lieu d’un pour booster la participation. L’Eglise orthodoxe avait jeté tout son poids dans la balance. Son patriarche avait décrit le vote comme un «acte de foi envers l’amour divin pour la famille».

Une «honte» pour la Roumanie
Le débat de ces dernières semaines a donné lieu à de multiples dérapages homophobes. «Ce qui m’effraie, c’est que tous les jours dans ma boîte aux lettres j’ai reçu des flyers qui disaient que les gay convoitent les enfants orphelins», explique Paul, un gay de 30 ans interrogé par le «New York Times». Pour lui, le référendum «a réveillé quelque chose qui va nous faire honte dans quelques années».

La Roumanie est un des six pays de l’UE qui n’offre encore ni reconnaissance ni protection aux couples de même sexe. Mais cela pourrait changer après une décision de la Cour européenne des droits de l’homme, saisie par un couple d’hommes mariés à l’étranger. L’arrêt a été confirmé par la Cour constitutionnelle de Bucarest le mois dernier, qui a reconnu un droit à la famille pour les gays et lesbiennes vivant en Roumanie.

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