Une école modèle d’inclusion pour les LGBT répond à la fachosphère

Un établissement primaire anglais a répliqué avec brio aux messages de haine qui affluent après un reportage montrant de jeunes élèves écrivant une lettre d’amour gay à un prince de conte de fées.

Tout a commencé cet été par un prix pour l’éducation inclusive décerné par l’association Educate and Celebrate à l’école primaire Bewsey Lodge de Warrington, une ville à mi-chemin entre Liverpool et Manchester. L’établissement a mis en place un large éventail de mesures de promotion de la diversité, avec un accent mis sur la lutte contre le racisme, le sexisme et l’homophobie. Ainsi, dans le cadre d’un cours d’anglais consacré aux contes de fées, tous les élèves étaient invités à se mettre dans la peau d’un prince nommé Henry.

En guise d’exercice d’écriture, les gamins devaient alors écrire «pourquoi ce serait une excellente idée pour lui de m’épouser». L’atelier auquel les enfants de 6 ans se sont prêtés avec application, a été filmé par la station locale de la BBC, et la vidéo postée sur Facebook sous forme de clip.

Il n’en fallait pas plus pour que le site chrétien antigay Lifesite et les sites d’extrême droite américains Breitbart et InfoWars rameutent toute la fachosphère, rapporte PinkNews. Pensez donc, une école anglaise «force des enfants de 6 ans a écrire des lettres d’amour homosexuelles»!

Immédiatement, des commentateurs se sont rués sur leurs claviers, inondant la page Facebook de la BBC de commentaires parlant d’«abus» et de «pédophilie», tandis que Breitbart, dans un tweet sur son propre article, qualifiait l’école de «Camp de la mort de tolérance» (allusion à un épisode de «South Park») et qu’un politicien du Ukip dénonçait l’«endoctrinement général des enfants par l’idéologie LGBT». Des médias conservateurs en Italie et au Brésil, comme le site de la puissante télé évangélique R7, ont à leur tour repris l’info, donnant au tollé une résonance mondiale.

«Ce que nous essayons de forger, c’est une culture d’acceptation et de respect. Tout simplement: vivre et laisser vivre.»

Face à l’avalanche de réprobation et de messages de haine, la directrice de Bewsey Lodge Primary School s’est brillamment défendue. «C’est incroyable de lire à quel point les gens sexualisent le contenu de cette leçon», écrit Emma Wright. «Ce que nous essayons de forger, c’est une culture d’acceptation et de respect. Tout simplement: vivre et laisser vivre. Nous enseignons ce que c’est que l’amour et comment il se présente en différentes formes et tailles. Nous essayons de faire en sorte que les enfants sortent d’ici avec assez d’information pour faire leurs propres choix, d’en faire des enfants qui peuvent regarder d’autres situations et d’autres vies et se disant: c’est différent de ma vie ou de mes sentiments, mais c’est ok.»

Encouragements
Et la directrice de mettre au défi quiconque conteste ces principes de dialoguer avec ses élèves: «Ils vous parleront du respect; qu’il n’y a pas de problème si vous portez une jupe à l’école et que vous êtes un garçon; que c’est cool d’avoir deux mamans ou deux papas tant qu’on est aimé·e.»

L’école a aussi reçu de nombreux encouragements: «Il faut que les générations futures apprennent que c’est ok d’être soi-même. Des leçons sur l’amour, et ce ne serait pas bien?», «Désolé, les homophobes, mais le futur ne vous appartient pas!» Résolument positive, Emma Wright a ajouté qu’elle finirait par tirer le meilleur de ces commentaires haineux. «Nous allons en garder pour les discuter lors de nos cours de philosophie avec les classes de 5e et 6e.»

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