«Pas lui!» L’ombre de l’extrême droite plane sur la Pride de Rio

La Parade des fiertés dans la métropole brésilienne a enregistré une participation record à une semaine de la présidentielle. La menace constituée par le candidat homophobe Jair Bolsonaro était dans tous les esprits.

Des centaines de milliers de personnes – 1,5 million selon les organisateurs – ont pris part hier dimanche à la 23e parade de la fierté LGBTI de Rio de Janeiro. La participation le long des plages de Copacabana a été qualifiée d’historique, à une semaine du premier tour d’une élection présidentielle particulièrement incertaine.

«Votez pour des idées, par pour des personnes. Votez pour ceux qui s’engagent pour les idées LGBTI» était le slogan de la parade. Mais c’est plutôt «Ele não» que l’on pouvait entendre dans la foule: «Pas lui», le cri de ralliement des opposants à Jair Bolsonaro. Celui qui est donné en première place des sondages de 1er tour est connu pour son racisme, son sexisme et son homophobie décomplexés. Entre autres déclarations tonitruantes, le candidat de l’extrême droite a exprimé son soutien aux thérapies de conversion et a attribué l’homosexualité à un défaut d’éducation. «Je vois beaucoup de gens qui disent: C’est bien que j’aie reçu quelques baffes, mon père m’a appris à être un homme», avait-il lâché sur un plateau de télévision il y a quelques années.

«Nos droits, notre citoyenneté et surtout nos vies dépendent des choix que nous ferons dans les urnes»

«Dans un pays comme le Brésil, qui est celui où le nombre de LGBTI tués est le plus important du monde, la nécessité de représentativité politique est urgence. Nos droits, notre citoyenneté et surtout nos vies dépendent des choix que nous ferons dans les urnes», a rappelé Almir França, président de Grupo Arco-Íris, organisateur de la parade carioca. Dans le même temps, aux élections locales qui se dérouleront simultanément à travers le pays, le nombre de candidats ouvertement LGBT a quasiment quintuplé: 180 contre 37 en 2014.

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