Manif pro-«famille traditionnelle» à Oradea (nord-ouest)

LGBT roumains dans le viseur d’une alliance peu orthodoxe

La gouvernement de «gauche» et l’Eglise s’offrent une bouffée de populisme à peu de frais, avec un référendum préventif contre le mariage égalitaire.

Une «atteinte aux droits fondamentaux» et «une incitation à l’homophobie». C’est ainsi que plusieurs organisations roumaines et internationales ont dénoncé le référendum sur l’interdiction du mariage égalitaire, prévu les 6 et 7 octobre. Leur recours auprès de la Cour constitutionnelle, déposé le 14 septembre, a été rejeté. C’est le Parlement de Bucarest, qui a largement avalisé une réforme de la Constitution qui définit le mariage comme «l’union librement consentie d’un homme et d’une femme». Pour le plus grand plaisir de l’Eglise orthodoxe, qui a réuni 3 millions de signatures en faveur de cette réforme. Pour le gouvernement, le débat est une diversion bienvenue des affaires de corruption qui minent le pouvoir. Bien qu’étiquetée «sociale-démocrate», la coalition au pouvoir soutient la réforme.

Alors que le mariage pour tous aura bientôt conquis toute l’ Europe de l’Ouest – y compris par voie référendaire en Irlande – c’est le chemin inverse que prennent plusieurs Etats de l’Est. Les Constitutions polonaise, bulgare, lettone et lituanienne ont bétonné le caractère hétérosexuel des unions.

Boycott!
En Roumanie, 19 millions d’habitants, les couples de même sexe ne bénéficient d’aucune reconnaissance ni protection de l’Etat. Les organisations LGBT et l’opposition de centre droite font campagne pour le boycott du référendum. Ils comptent sur une large abstention qui entraînerait l’échec du scrutin. Celui-ci ne sera validé qu’avec 30% de participation. «Si elle est adoptée, cette modification constituera clairement un recul pour la Roumanie et aura de graves répercussions sur la vie des familles qui ne sont pas fondées sur le mariage», a commenté Barbora Cernusakova, d’Amnesty International.

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