Fabrizio Marrazzo (au milieu), une des principales voix des LGBT en Italie. Photo: FB.

Un parti gay «prêt à descendre dans l’arène politique»

Le leader LGBT italien Fabrizio Marrazzo menace de mettre sur pied une liste arc-en-ciel, qui pourrait selon lui rafler jusqu’à 6% des voix aux élections.

Après quelques éphémères tentatives à travers le monde, le rêve de voir un parti politique LGBT entrer dans les Parlements n’est manifestement pas mort – en Italie du moins. Le 30 août dernier, l’activiste Fabrizio Marrazzo a ainsi déposé les noms «Parti gay» et «Liste gay» auprès de l’Office des brevets et des marques. «Nous sommes disposés à descendre dans l’arène du moment que la politique se montre sourde à nos revendications», prévient le porte-parole du Gay Center de Rome et ancien président de l’Arcigay dans la capitale.

Bien qu’il admette qu’une formation gay est encore loin de voir le jour, Marrazzo fonde sa démarche sur un sondage que son association a mandaté l’an dernier. L’enquête relevait que 6,2% des Italiens se disaient prêts à voter pour une liste gay – un taux qui grimpait à 14% chez les jeunes de moins de 25 ans. De quoi faire perdre des plumes aux partis traditionnels, singulièrement le Mouvement 5 étoiles actuellement au pouvoir, en coalition avec la très homophobe Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini.

Pour l’instant, explique le leader associatif, il s’agit surtout de «stimuler la politique pour la pousser à affronter ces thématiques et à répondre à la communauté LGBT. Si ces réponses devaient ne pas venir, nous pourrions envisager un engagement direct dans la politique», dit Marrazzo, cité par «Il Tempo».

Expériences sans lendemain
Des tentatives d’établir des parti LGBT nationaux ont déjà connu des fortunes pour le moins éphémères, comme en France dans les années 1990 (Les Mauves, sous l’égide de Geneviève Pastre), en Israël (le Magi, apparu en 2007 et aussitôt disparu) ou en Thaïlande en 2013.

À lire également