Six condamnations dans l’affaire du «mariage gay»

Dans un climat de haine et malgré une absence de preuves, six hommes ont été condamnés à des peines de prison ferme suite au prétendu «mariage gay» de Ksar el-Kébir.

Un jugement a été rendu lundi dans l’affaire dite du «mariage de Ksar el-Kébir» qui déchaîne les passions au Maroc depuis près d’un mois. Six prévenus ont été condamnés à des peines allant de 4 à 10 mois de prison ferme, suite à une fête traditionnelle berbère où certains des participants apparaissaient travestis. La fête privée, à laquelle auraient assisté une centaine de personne, avait été décrite comme un «mariage gay», donnant lieu à une manifestation orchestrée par les milieux islamistes de la petite ville proche de Tanger. La foule s’en était pris à la maison d’un des principaux suspects (photo). Par ailleurs, l’affaire a suscité des attaques d’une rare violence à l’encontre des homosexuels marocains dans le médias et sur le web arabophones. La pression populaire avait mené à l’ouverture d’une enquête de police et à l’arrestation de huit hommes.

Dans un pays où l’homosexualité est illégale et passible d’un maximum de 3 ans de prison, le verdict de Ksar el-Kébir a surpris les observateurs. En effet, tout en écartant les allégations de «mariage gay» et reconnaissant l’absence d’actes contre-nature pendant la fête, la Cour a toutefois condamné les prévenus, âgés de 20 à 61 ans, pour des «penchants homosexuels» avoués. Leurs avocats, tout comme les organisations de défense des droits de l’homme, ont dénoncé une grave atteinte à la vie privée, et souligné les conditions douteuses dans lesquelles l’instruction de cette affaire aurait été menée.

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