Pestiféré dans son lycée, un élève gay doit étudier dans le couloir

Un établissement catholique a reconnu avoir placé un élève de 16 ans «à part» après que ce dernier a publié des selfies perçus comme compromettants.

Séparé de ses camarades et isolé dans un couloir de son lycée toute la journée: c’est le traitement réservé à un élève de 16 ans, fin septembre à l’Ecfop, un établissement professionnel catholique de Monza (banlieue de Milan), raconte «La Repubblica». La mesure faisait suite à la publication par le garçon sur son compte Instagram de selfies qualifiés par la direction de «pédopornographiques». D’après la famille, il s’agissait de clichés beaucoup moins osés. Le garçon, qui ne fait pas secret de son homosexualité, avait posté des photos de lui torse nu en vacances, et d’autres où il enlaçait un ami.

La mère est allée trouver les carabiniers, qui ont débarqué au lycée le lendemain matin. A la suite de quoi, l’élève a été réintégré dans la classe.

«Ce n’est pas de la discrimination»
Néanmoins, le doyen Adriano Corioni défend sa décision de séparer le garçon du reste de sa classe. Il a affirmé que ses camarades avaient été choqués par les photos et s’étaient eux-mêmes plaints auprès des enseignants. L’éloignement de l’élève était selon lui une nécessité pour préserver le calme. Cela n’avait rien d’une punition, affirme-t-il: «Nous avons décidé de placer l’enfant à part, avec un éducateur, comme nous le faisons quand un de nos étudiants doit approfondir un sujet d’étude […] Ce n’est pas une question de discrimination. Les chrétiens ne discriminent pas: nous acceptons tout le monde. Nous avons des jeunes de toutes les confessions. Nous voulions protéger à la fois le l’étudiant et ses camarades.»

L’antenne locale d’Arcigay a qualifié l’affaire de «gravissime» et demandé une inspection du ministère de l’Education. Des élus de droite et de gauche se sont également publiquement indignés. Alessandro Zan, député du Parti démocrate (centre gauche), a fustigé le «traitement dégradant et discriminatoire» imposé à l’ado, «en violation de son droit à l’éducation, et avant tout de sa liberté et de sa dignité».

2 comments

Bein voyons !… « les chrétiens de discriminent pas »….. En creusant encore plus, je suis sûr qu’on découvrira que l’établissement fait parti de l’Opus Dei !.

Abe

Un jeune en pleine construction, y compris spirituelle, doit se sentir aimé et respecté et non exclus au cause de sa sexualité.
Je lui souhaite de la chance et je veux lui dire qu’il n’est pas seul. Nous sommes là.
Bonne chance.

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