Quelques-unes des victimes en 2014, g. à dr. et de haut en bas: Camila, Andressa, Marciana (Brésil), Brittany (USA), Çağla (Turquie), Zoraida (USA).

Une journée pour rappeler que la transphobie tue

Les personnes transgenres paient un lourd tribut à la violence sociale et à l’intolérance. Les 226 morts recensés cette année dans le monde ne sont que la parie émergée de l’iceberg. Plusieurs rassemblements, notamment à Genève, leur rendent hommage.

Abattues, lapidées, brûlées vives, mutilées ou battues à mort: pas moins de 226 personnes trans ont été assassinées, au cours des 12 derniers mois, à travers le monde, souligne l’étude «Trans Murder Monitoring» de Transgender Europe, qui a dressé une liste nominale des victimes. Cette statistique terrifiante a été publiée à l’occasion de la Journée du souvenir trans, célébrée aujourd’hui 20 novembre. Onze de ces victimes étaient mineures. La plus jeune n’avait que 8 ans: Alex, à Rio de Janeiro, surpris par son père alors qu’elle était habillée en fille, en février dernier. Il avait réagi en la rouant de coups jusqu’à ce qu’elle succombe.

Inaperçus
Le Brésil (qui représente à lui seul la moitié des violentes de trans) et le Mexique forment la majorité des cas recensés, essentiellement en Amérique latine. Dans la plupart des cas, les meurtres passent inaperçus. Parce que le véritable genre de la personne n’est pas pris en compte tant qu’une modification de l’état civil n’est enregistrée ou que la victime a été poussée dans les ultimes marges de la société.

«Nos données montrent que plus de meurtres sont rapportés dans les pays où il existe un mouvement trans fort, résume le Suisse Alecs Recher, coprésident de Transgender Europe. Cela signifie que ce que nous pouvons savoir n’est que la partie émergée de l’iceberg et que le fait de s’organiser fait la différence. La police, le système judiciaire, les médias et le public doivent cesser d’escamoter le genre, le nom ou les conditions de la mort d’une personne trans. Au moins dans la mort, leur dignité ne doit plus jamais être violée.»

tdor-geneve-2014Plusieurs rassemblements sont prévus aujourd’hui à travers le monde. En Suisse romande, une commémoration, en paroles et en musique, se déroulera à Genève, pour la deuxième année consécutive, dans la zone piétonnière de la rue du Mont-Blanc (Cornavin), aujourd’hui 20 novembre 2014 à partir de 18h30.
» Plus d’infos sur le site de la Fédération genevoise des associations LGBT
A Paris, rendez-vous place de l’Hôtel-de-Ville, dès 18h, à l’appel d’Existrans.

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