Une ville se mobilise pour défendre sa shérif lesbienne

Les citoyens d’un bled de Caroline du Sud ont sanctionné leur maire après le limogeage homophobe de la cheffe de la police locale. Mais l’élu a contre-attaqué.

Latta, 1400 âmes, est en ébullition. En cause: le licenciement, en avril dernier, de la cheffe de la police. Crystal Moore ne parvenait pas à maintenir l’ordre dans ce petit bled de Caroline du Sud, ni à imposer son autorité sur ses hommes. Du moins, c’est ce qu’affirmait le maire de la ville, un certain Earl Bullard, en poste depuis décembre. En fait, la vraie raison du congé de Moore est qu’elle est lesbienne et ne s’en cache pas, raconte le Huffington Post.

Bullard nie que l’orientation sexuelle du shérif Moore – au service de la communauté depuis 20 ans – ait quoi que ce soit à voir avec sa décision. Sauf que récemment, un élu municipal a enregistré et diffusé une conversation téléphonique où Bullard lui avait glissé qu’il préférait encore faire garder ses enfants par un ivrogne que par une personne dont le «style de vie est douteux».

Majorité écrasante
Choqués, des habitants de Latta ont lancé une collecte de fonds pour payer le salaire de Moore, et lui offrir une assistance juridique. Ils ont surtout lancé un référendum contre le maire. Le texte, qui retire à Bullard certaines prérogatives dont le choix du chef de la police, a obtenu une majorité écrasante de «oui», mardi. L’assemblée municipale devait se réunir demain vendredi pour prendre acte du vote et pour rétablir Crystal Moore dans ses fonctions.

Mais le maire a plus d’un tour dans son sac: à la veille du vote, il a engagé en catimini un nouveau chef de la police. «J’ai passé par tous les stades: de l’excitation et la joie jusqu’à me sentir de nouveau broyée», a commenté Moore. Ses partisans, soutenus par une large part des habitants, n’ont pas dit leur dernier mot.

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