Un coming-out accueilli dans la haine

Des inconnus ont assiégé le domicile d’un acteur qui vient de révéler son homosexualité. La communauté LGBT macédonienne est la cible d’attaques et de menaces de plus en plus fréquentes. Et impunies.

L’émergence d’une communauté LGBT organisée, dans le sud des Balkans, suscite une résistance féroce. Nouvel exemple de ces tensions: des incidents inquiétants survenus ces derniers jours en Macédoine. Dernière cible en date: le jeune comédien Petar Stojkovik, star de la télévision locale. Mardi, un groupe d’homme s’est massé devant son domicile de Skopje, où le jeune comédien vit avec sa mère malade. Les individus ont crié des slogans haineux et lancé des pierres contre la façade. Ils ont disparu à l’arrivée de la police. A l’origine de cette intimidation: le coming-out de Petar, 27 ans. «Pour tous ceux qui ont colporté des rumeurs des insultes à mon sujet, c’est le moment de reconnaître combien vous êtes primitifs et limités: oui, je suis gay.» La déclaration avait immédiatement enflammé les réseaux sociaux. «Skopje a une nouvelle attraction: Petar le pédé» avait lancé un journaliste nationaliste. Il s’en était déjà pris au jeune homme, engagé auprès des associations de défense des droits de l’homme, l’accusant d’être «anti-Macédonien» et le qualifiant d’«ennemi d’Etat».

Pride annulée
Précédemment, c’était le militant gay Bekim Asani, membre du groupe LGBT United Macedonia, qui avait été la cible de menaces de mort. Les bureaux d’un centre LGBT avaient été également assiégés par des extrémistes encagoulés, le 21 juin dernier. Ils ont tenté de défoncer la vitrine (voir vidéo ci-dessous). La Pride prévue le lendemain a été annulée par crainte de nouvelles violences, voire d’un attentat.

Au sein des autorités macédoniennes, ces menaces et ces attaques n’ont fait l’objet d’aucun commentaire ni d’aucune condamnation, note le site britannique Gay Star News. Des membres du Parlement européens dénoncent ce silence et appellent le Gouvernement à prendre des engagements clairs contre l’homophobie. «On peut attendre d’un candidat à l’UE qu’il protège les droits humains de touts ses citoyens, comme un aspect important du processus d’accession», a déclaré la Néerlandaise Marije Cornelissen.

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