Les LGBT macédoniens combattifs, malgré les menaces

L’agression d’un rassemblement gay et lesbien dans une petite ville, samedi, est le dernier incident d’une longue série, dans un des pays d’Europe les plus hostiles aux revendications LGBT.

Une action pacifique organisée samedi par des militants LGBT macédoniens a été attaquée dans la petite ville de Bitola (sud du pays). Les militants se sont fait insulter, cracher dessus et frapper par un groupe de sept individus, qui ont réduit en pièces leurs affiches. Les agresseurs ont ensuite pris la fuite. Peu après, des menaces et des insultes ont fleuri sur la page Facebook du groupe LGBT United, qui co-organisait la manif. Un de ces messages mettait en garde les militants homosexuels. «Si vous êtes assez stupides pour revenir à Bitola, soyez sûrs que vous finirez à l’hôpital avec des fractures, et certains même au cimetière.» L’attaque a, par ailleurs, été saluée sur une page du réseau social destinée à des supporters de foot. Les organisateurs ont du rassemblement ont porté plainte, et réclament une condamnation ferme de ces exactions par les autorités.

«Liste de pédés»
La république ex-yougoslave est le théâtre d’une recrudescence d’actes homophobes, depuis quelques mois. Le mois dernier, les élections locales ont donné lieu à des dérapages préoccupants. Un quotidien lié au pouvoir de droite avait publié une «Liste de pédés» dénonçant des personnalités de l’opposition prétendument homosexuelles. La puissante Eglise orthodoxe avait également accusé les gays et lesbiennes de détruire la famille et la civilisation. Et en octobre dernier, le leader de LGBT United avait été tabassé dans une rue de Skopje. Face à cette situation, explique Bekim Asani, un des responsables de l’association, à Gay Star News, «Notre groupe est de plus en plus visible et actif, non seulement dans la capitale, mais aussi dans d’autres villes et localités.» Il confie aujourd’hui avoir peur.

La Macédoine est l’un des pays les plus rétrogrades d’Europe en matière de reconnaissance des LGBT: ils ne sont pas protégés contre les discriminations et les crimes de haine, sans parler d’une reconnaissance légale des couples de même sexe. Selon un sondage mené en 2010, sept Macédoniens sur dix ne veulent pas d’un voisin homosexuel.

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