La Hongrie file du mauvais coton

Une nouvelle modification de la Constitution restreint davantage les libertés publiques et les contre-pouvoirs. Roms, sans-abris et homosexuels sont notamment dans la ligne de mire du pouvoir nationaliste.

La dérive autoritaire du Gouvernement nationaliste de Viktor Orban s’amplifie. Lundi, le Parlement a voté une quatrième modification de la nouvelle Constitution très controversée. Elle porte un nouveau coup aux libertés et aux institutions du pays. Le Parti Fidesz du Premier ministre, avec l’aide du Jobbik (extrême droite), ont fait adopter des amendements qui réduisent le pouvoir de la Cour constitutionnelle et durcit certaines dispositions. Parmi elles, une définition ultraconservatrice de la famille, réduite à une cellule hétérosexuelle mariée et avec enfants. Les conséquences pourraient être notamment lourdes pour le couples gay et lesbiens en partenariat enregistré. Ce pacs hongrois – l’un des premiers adopté dans un pays de l’ex-bloc socialiste – pourrait à terme se vider de sa substance. Samedi, les organisations LGBT ont d’ailleurs pris part à une manifestation sous le slogan «la Constitution n’est pas un jeu», aux côtés de l’opposition sociale-démocrate.

Plusieurs dispositions liberticides ont en outre été adoptées lundi. L’une d’entre elles restreint encore davantage la liberté de mouvement pour les sans-abris. Cette proposition, qui avait été jugée contraire à la Loi fondamentale, ne pourra plus être censurée par la Cour constitutionnelle.

Inquiétude européenne
L’Union européenne, le Conseil de l’Europe ont mis en garde Budapest contre des mesures qui pourraient entrer en conflit avec le droit communautaire et international. Entrée en vigueur le 1er janvier 2012, la nouvelle Constitution hongroise d’inspiration nationaliste et chrétienne porte atteinte aux libertés publiques et ratifie le noyautage de tous les pouvoirs par le Fidesz. Elle constitue également une bombe à retardement ethnique, en revendiquant la citoyenneté pour les minorités hongroises à l’extérieur des frontières, notamment en Roumanie et en Slovaquie.

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4 comments

La Grande Bretagne qui souhaite quitter l’UE, la Hongrie qui se nazifie, des plans d’austerité partout qui ne font qu’augmenter le chômage, impossibilité des Etats membres de l’UE de considérer aussi la fiscalité comme un facteur de compétitivite, des fonctionnaire non élus(commissaires) à Bruxelles qui donnent des ordres à des autorités élues des Etats membres, etc..etc..Comment voulez-vous que la Suisse adhère à cette antité ? Jamais

La hongrie qui se nazifie ? Et le commentateur qui nous parle d’ “antité” ? La suisse ne semble douée ni pour le jugement politique ni pour l’orthographe

Mon commentaire n’était pas destiné a ce media inconnu.
J’aimerais qu’il soit retiré.

Bonjour ! La Hongrie, où j’ai vécu trois ans, est en pleine crise. Et la culture de cette population âgée se crispe. Les jeunes quittent le pays, souvent réussissent ailleurs et y restent. Le chômage y est galopant. Déprime ambiante. Repli. Il y a des magyarophones (locuteurs de la langue hongroise) en Serbie, en Roumanie, en Slovaquie. La tentation, c’est d’aller les chercher pour se sentir plus forts en interne. Comme un appui. Et il y a la suspicion : les Roms, les juifs, les libéraux, les homos. J’ajoute deux points et j’en termine : il y a là bas du christianisme normal, ouvert, vif et intelligent. (Christianisme, catholicisme et protestantisme sont trois catégories à part, qu’il faut bien détacher : en Hongrie et ailleurs.) Il y a aussi une jeunesse ultra-cultivée, qui voyage (programmes Erasmus, très prisés ; notion d’excellence), qui pulse un sang neuf et attend de voir le pays accoucher d’un XXIe siècle normal ; seules six élections libres ont eu lieu. Donnons sa chance à ce pays merveilleux, cinglé peut-être, bourré de potentiel c’est sûr. Voyageons-y. Vivons, commentons plus tard. Ou faisons les deux. (En même temps.) L’Europe est une chance. L’Europe centrale est un endroit magnétique. La vie ? Un océan de changement. Plein de grâce et de folie.

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