Pas de familles arc-en-ciel pour les enfants turcs

Ankara veut «sauver» des enfants de familles émigrées confiés à des couples non musulmans, voire homosexuels. Le pouvoir islamiste évoque le risque de «dégâts psychologiques».

Le vice premier-ministre turc, Bekir Bozdağ, a donné des instructions pour que les représentations diplomatiques tentent d’identifier et de «récupérer» certains enfants turcs adoptés par des familles à l’étranger. Selon Ankara, les «droits humains» d’au moins 5000 enfants ont été violés quand ils ont été confiés à des foyers non musulmans. Une commission a été formée à ce sujet. Son rapporteur, Ayhan Sefer, estime que l’«adoption est un droit sacré, qui ne peut pas être décidé au niveau administratif».

L’affaire a été déclenchée par le cas de Yunus, un garçon de 9 ans vivant aux Pays-Bas. Il avait été retiré à sa famille turque par les services sociaux à l’âge de 6 mois – apparemment à la suite de mauvais traitements. Il vivrait, depuis, avec un couple de femmes. Sa famille biologique réclame son retour – mais les tribunaux ont déjà rejeté la demande, notamment parce que sa mère ne parle pas le néerlandais, selon «Radikal». Pour l’instant, deux autres enfants adoptés par des couples gay ou lesbiens sont visés par la démarche.

«Atteinte à l’état mental»
Les autorités turques, dominées par le parti islamiste AKP, évoquent une «atteinte à l’état mental» du petit garçon, aujourd’hui âgé de 9 ans. Elles entendent mener des négociations avec La Haye en s’appuyant sur un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui avait refusé l’adoption d’un enfant par une famille de témoins de Jéhovah.

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