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Un pape gay-friendly pour Pâques?

Adieu Benoît XVI, qui nous aura au moins fait bien rire. Les paris sont ouverts pour sa succession. Pour l'instant, les favoris ne se distinguent guère en matière d'attitude face à l'homosexualité.

L’annonce surprise de la renonciation du pape Benoît XVI a fait sensation, hier. Bête noire, entre autres, des chrétiens LGBT, il ne sera guère regretté sous l’arc-en-ciel, si ce n’est pour les rumeurs qui l’entouraient. On se souvient des œillades gourmandes lancées à une troupe d’acrobates torse nu se produisant pour le noël de la Curie ou aux révélations d’une de ses vieilles camarades à l’université, qui avait décrit le jeune Ratzinger comme une «fille manquée».

Plus sérieusement, Benoît XVI n’avait pas raté une occasion de damner les gays et les lesbiennes. Depuis le début de son pontificat, il a attaqué un à un les Etats légiférant sur les unions homosexuelles, y compris en Suisse, l’année même de son élection, en 2005. Selon lui, les familles homoparentales sont un «un grave coup porté à la justice et à la paix». Il a aussi chaleureusement accueilli des personnalité à l’homophobie virulente, comme récemment Rebecca Kadaga, partisane d’une loi promouvant la peine de mort pour homosexualité en Ouganda.

Shampooineur de gays
Et maintenant, va-t-on voir le Saint-Siège se doter d’un souverain LGBT-friendly? Euh, pas vraiment. Les favoris à la succession ne font guère rêver. A commencer par les noms africains, souvent cités par les médias. Le prélat ghanéen Peter Turkson, par exemple, aurait donné sa bénédiction au projet de loi antigay en Ouganda. C’est aussi un fervent adversaire du préservatif comme arme contre le VIH. Le cardinal nigérian Francis Arinze est encore plus gratiné. Lors d’une conférence dans une université catholique américaine, il avait estimé que les homosexuels «singeaient» la famille. Il aurait aussi raconté qu’en croisant des hommes ouvertement gay dans les rues de Rome, il avait envie de leur «laver la tête à l’eau bénite», rappelle le site britannique PinkNews.

Autre favori, le Québécois Marc Ouellet s’est illustré dans des conférences contre l’avortement. En 2005, il a appelé les prêtres à refuser de baptiser les enfants de couples de même sexe. Toutefois, deux ans plus tard, il a fait un geste en direction des homos en demandant pardon pour les discriminations contre les homosexuels. Un mea culpa considéré avec méfiance par les organisations LGBT de la Belle-Province.

Ligne officielle
En pole position également, l’Italien Angelo Scola, archevêque de Milan. Expert en questions de morale sexuelle, il ne s’écarte guère de la ligne officielle, évoquant volontiers la nature complémentaire des deux sexes comme un idéal indépassable. C’est la moindre. Cela dit, l’an dernier, il a créé la surprise en soutenant une prière publique organisée par le groupe chrétien LGBT Gionata à l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie.

Parmi les outsiders, on compte le Hondurien Oscar Andrés Rodríguez Maradiaga. Réputé modéré et sensible aux question des droits de l’homme, il l’est nettement moins sur l’homosexualité ou le sida. Il avait mis en doute, notamment, la protection par le préservatif. Il a également très fermement condamné le recours à la gestation pour autrui par Ricky Martin. La star portoricaine est coupable, selon lui, d’avoir «diminué la dignité de l’être humain». Il avait aussi recommandé aux politiciens soutenant l’avortement de s’excommunier eux-mêmes. Par ailleurs, Maradiaga a été la cible d’un outing, apparemment orchestré par les milieux évangéliques, s’appuyant sur le témoignages d’ex-amants présumés.