Monde Attac

Pour Susan George, la question gay fait le jeu du pouvoir

3 déc. 2012

Figure de proue du mouvement altermondialiste, Susan George critique vertement les luttes minoritaires, notamment LGBT. Elles créeraient des clivages et détourneraient les militants de causes plus urgentes.

A l’occasion de la sortie d’un nouveau livre, la présidente d’honneur d’Attac a répondu aux question des «Inrocks». Toujours en guerre contre le néolibéralisme, Susan George s’attaque aux luttes minoritaires. Notamment au féministes et aux militants de la cause gay-lesbienne, qui d’après elle prennent une place envahissante, au point de détourner des vraies luttes du mouvement social, démocratique et environnemental. Elle cite comme exemple un esclandre «agressif» des féministes radicales lors de la préparation d’un sommet à Florence, ce printemps.

Clientélisme
Tout en rappelant qu’elle est favorable à l’égalité pour les gays et lesbiennes, Susan George estime qu’il y a, avant tout, urgence à rassembler les forces. Or «ceux qui luttent exclusivement pour ces droits [minoritaires] sont essentiellement préoccupés de qui ils sont et pas de ce qu’ils peuvent faire pour l’intérêt général.» Une situation qui mènerait au «clientélisme» politique. C’est le cas avec le gouvernement actuel en France: «Hollande va faire passer une loi sur le mariage gay, puis se glisser tranquillement dans les traces du grand capital et annoncer que le coût du travail est trop élevé, ça me choque», résume la militante.

7 comments

c’est que vous désespérez que vos chers voisins homo que vous béatifiez n’aient toujours pas les mêmes droits que la majorité hétéro. merci madame pour toute votre compassion et sympathie au point de mettre les droits des femmes au même niveau. ça c’est de l’abnégation, de la grandeur d’âme…

Et, bien sûr, c’est la faute aux homos et aux harpies féministes si Attac s’entredéchire depuis plus de dix ans…

On s’en fout de l’avis de cette néo-communiste. La Suisse est un pays très libéral et les caissières des supermarchés sont les mieux payées du monde. Concernant la France, les 35 heures sont une aberration. Donc oui, il faut se soucier du coût du travail. La lutte contre le libéralisme, l’impossibilité de remettre en cause les avantages sociaux, de réformer les avantages des fonctionnaires, c’est aussi et d’autant plus dû au clientélisme.

pourquoi mélanger les torchons et les serviettes. J’ai bcp de mal à voir le lien entre le mariage gay et les demandes féministe qui demandent une égalité des droits et devoirs de chaque citoyens tels qu’ils sont; et les revendications altermondialistes qui refusent le monde tel qu’il est et réclame je ne sais quoi.

Il est vrai qu’il y a des problèmes importants à résoudre, et malheureusement, je crains fort qu’il y en ait toujours. Mais est-ce une raison pour remettre au fond des tiroirs d’autres problèmes qu’on ne résoudra dès lors jamais ? Si on avait relégué au fond du tiroir le racisme en USA, l’apartheid en Afrique du Sud, sous le prétexte qu’il y avait d’autres problèmes, on ne les aurait jamais abolis…

Les homos apprécieront les notions de “vraie lutte”, d’urgence des autres causes, le thème récurrent de leur égoïsme, l’antinomie entre combats pour l”égalité des LGBT et intérêt général, et l’hyper-culpabilité des homos qu’on n’envisage pas comme une minorité dont les souffrances sont exploitées par les politiques mais comme un micro-lobby capricieux. La gentille dame aurait-elle eu l’indécence de dire la même chose au sujet des Noirs luttant contre l’apartheid ? Non, bien sûr, parce que le racisme, en revanche, c’est pas bien. Exemple caricatural de la hiérarchie des discriminations pratiquée par la gauche et l’extrême-gauche depuis toujours.

C’est la réaction typique de la gauche poussiéreuse néo-marxiste qui n’a pas su intégrer les politiques identitaires depuis les années 1970, qui persiste et signe.
N’oublions pas que ces mêmes néo-marxistes n’ont jamais été en avance dans la reconnaissance des discriminations homophobes (voir le parti communiste français) mais qu’ils s’adaptent simplement aujourd’hui sur l’air du temps en en faisant une partie de leur programme.
Ils n’ont tout simplement pas su s’adapter à la société, restant fixés sur un cadre explicatif dépassé.

Finalement, ils ne tirent aucune leçon de leurs échecs passés et restent figés dans cette conception dualiste du monde… Je pense qu’il faut effectivement revaloriser la valeur du travail et maintenir les droits sociaux, mais cela ne doit pas se faire à la condition d’une pseudo “solidarité” qui nous interdit d’être nous-mêmes et nous enjoint d’imiter les hétéros.

Et finalement, toute la question de l’hétéronormativité ne touche-t-elle pas la population générale, gay ou non ? Je crois que c’est bien ça que la gentille dame ne comprend pas…. Elle est en train de se plaindre d’une libération qui se déroule droit devant ses yeux, l’idiote.

Les pseudo hétéros pourront être plus libres dans leur sexualité, et cela grâce à nos luttes. Ils pourront essayer la bisexualité, revenir à l’hétérosexualité, être plus proches de leurs amis de même sexe… sans avoir à craindre des remarques homophobes, si ils le font en public.

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