Monde Afrique

Un «chantage gay» qui rend fou le leader gambien

23 avril 2012

Yahya Jammeh a adressé une nouvelle provocation à la communauté internationale, deux semaines après un raid visant des homosexuels présumés.

«Si vous voulez nous fournir de l’aide afin que les hommes se marient avec des hommes et que les femmes se marient avec des femmes, alors laissez tomber. Nous ne voulons pas de votre argent.» Indéboulonnable président de la Gambie depuis 1996, Yahya Jammeh s’est lancé dans une diatribe homophobe surréaliste, samedi, devant les diplomates présents à l’inauguration du parlement de Banjul. A travers eux, le chef d’Etat a dénoncé les pressions, bizarrement qualifiés de «sionistes», visant à lier aide au développement et respect des minorités sexuelles. Ces propos interviennent après l’arrestation, le 10 avril dernier, de 19 hommes soupçonnés d’homosexualité. Des interpellations qui ont valu à ce petit pays enclavé dans le Sénégal une condamnation des organisations de défense des droits humains.

«Jammeh est de plus en plus isolé et il cherche à s’attirer l’attention à bon compte en faisant des déclarations controversées. Son régime est bien connu pour violer les droits et libertés fondamentales des Gambiens et des résidents étrangers dans le pays», commente un opposant sur le site Freedom Newspaper. Selon lui, Jammeh, qui est déjà la risée du monde doit être tout simplement fou. «Les gays sont très puissants; et une fois qu’ils commencent à s’activer contre son régime, c’en sera fini de lui!», prédit-il. L’AFP rappelle qu’en 2008, Yahya Jammeh avait menacé de décapiter les homosexuels, les sommant de quitter le pays. Une année plus tôt, ce despote fantasque proclamait avoir lui-même trouvé un remède contre le sida, au moyen de cataplasmes…

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