La sainte croisade des communistes moldaves contre les gays

Aux portes de l’UE, les nostalgiques de l’URSS s’allient à l’Eglise orthodoxe pour faire interdire la «propagande homosexuelle».

La décision prise par plusieurs régions et villes russes, dont Saint-Pétersbourg il y a deux semaines, inspirent les extrémistes d’autres ex-républiques soviétiques. Deuxième ville de Moldavie, Balti a ainsi décidé mercredi de bannir la «propagande» homosexuelle de son territoire. Par 23 voix sur 35 au Conseil municipal a décidé d’interdire tout débat public sur l’homosexualité et le transsexualisme. Le texte, qui invoque la «sécurité morale» des 140’000 habitants de la ville, condamne l’«imposition agressive de formes de comportement sexuel appartenant à une minorité insignifiante à la majorité de la population». Proposé par le Parti communiste, il s’appuie avec emphase sur les «traditions chrétiennes» du peuple moldave. L’Eglise orthodoxe l’a d’ailleurs accueilli avec enthousiasme.

Selon Gemnderdoc-M, principale organisation LGBT de ce petit pays voisin de la Roumanie, la décision est à replacer dans un contexte de surenchère électorale. «La scène gay-lesbienne est le bouc-émissaire dans des petits jeux politiques», déplore un communiqué, relayé par l’ILGA Europe. L’association dénonce une «atteinte patente aux principes des droits humains européens et internationaux» et demande l’intervention du Conseil de l’Europe. «Les manifestations récentes d’homophobie, les discours haineux et les incitations à la violence et à la discrimination contre les personnes homosexuelles ont pris un caractère systématique. Ces attaques deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus virulentes.»

La Moldavie a dépénalisé l’homosexualité en 1995. Une légalisation de façade, puisque l’homophobie y est monnaie courante. Des gay prides y ont en outre été interdites, soi-disant pour des raisons d’ordre public. En 2008, rappelle Queer.de, une marche rassemblant une soixantaine de militants LGBT avait été attaquée par des fondamentalistes religieux, des skinheads et des communistes. Bien qu’ayant été poussés dans l’opposition par une coalition pro-européenne depuis 2009, ces derniers demeurent le premier parti du pays.

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