Ban Ki-moon à l’Union africaine: «La discrimination a trop duré»

A Addis Abeba dimanche, le patron des Nations unies a réclamé un respect universel des droits des personnes LGBT. Les chefs d’Etat africains sont restés de marbre.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a donné un coup de pied dans la fourmilière. Dimanche, devant le sommet de l’Union africaine réuni dans la capitale éthiopienne Addis Abeba, il a souligné que la discrimination basée sur l’orientation sexuelle a été «trop longtemps ignorée, voire cautionnée par de nombreux Etats.» Il a accusé des gouvernements non nommés de traiter une partie de leur population comme des «citoyens de seconde zone ou même des criminels».

Les dirigeants du continent se sont abstenus de tout commentaire au discours de Ban Ki-moon. Toutefois, juste avant qu’il ne prenne la parole, le président sortant de l’Union africaine Tedoro Obiang Nguema a fustigé les pressions occidentales. «L’Afrique ne devrait pas être mise en cause sur les affaires de démocratie, de droits humains, de gouvernance et de transparence dans l’administration publique.» Ces derniers mois, plusieurs chefs d’Etat ont exprimé la même exaspération, notamment les présidents du Zimbabwe Robert Mugabe, qui avait qualifié ces revendications de «diaboliques» et celui de l’Ouganda, Yoweri Museveni. Deux pays qui répriment ouvertement leurs minorités sexuelles.

Pepe Julian Onziema, de Sexual Minorities Uganda, s’est félicité de l’intervention du secrétaire général de l’ONU, tout en doutant de son efficacité: «Il est grand temps que nos dirigeants s’occupent de ces problèmes, a-t-il déclaré à l’AFP, nous n’avons pas vraiment besoin de quelqu’un extérieur à l’Afrique pour nous le dire.»

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