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L’Azerbaïdjan, où les gays vivent en «harmonie». Ou presque

Attaqué dans les médias, Bakou réplique aux accusations d'homophobie, à cinq mois de l'Eurovision. Quitte à trahir une certaine nervosité à ce sujet.

Quoi?! Bakou accueillerait du 22 au 26 mai – soit aux dates du concours Eurovision de la chanson – une gay pride? Cette information, pêchée sur un site répertoriant les parades gay à travers le monde, a suffi à enflammer la presse azerbaïdjanaise, ces derniers jours. Les autorités de l’ex-république soviétique du Caucase, qui jouent avec l’Eurovision une carte capitale en terme d’image de marque, l’ont dit et répété ces derniers mois: l’Azerbaïdjan accueillera à bras ouverts le public gay européen. Mais de là à voir les drag-queens envahir les bords de la Caspienne…

Le site anglophone News.az dissipe la rumeur: aucune gay pride n’est prévue dans la capitale. Et c’est même le président d’une association locale LGBT qui le confirme. «Ni notre groupe ni les représentants des minorités sexuelles en Azerbaïdjan ne sommes prêts pour cela», affirme Kamran Rzayev, qui estime que les spéculations ont été lancées à dessein, afin de discréditer l’événement. Bizarrement, l’activiste ajoute que les cas de discrimination contre les gays sont «rares», et se limitent à des «affrontements verbaux».

«Pas besoin» de gay pride
Selon l’article, qui fleure bon la version officielle, les gays du pays vivent heureux… et même pas cachés. «Certains ne dissimulent pas leur homosexualité, martèle un autre militant. Cela ne veut pas dire qu’ils paradent dans les rues. Il n’y a pas de nécessité de le faire.» Les Azerbaïdjanais seraient d’ailleurs «réputés pour leur tolérance», observe un leader syndical. «Mais nous ne devons pas négliger nos traditions et notre mentalité.» Et News.az de conclure triomphalement: «Au lieu de copier aveuglément les modèles d’autres société, [la nôtre] trouve sa propre harmonie, suivant une règle d’or: N’offenser personne.»

«Chaos et homophobie»
Les Azerbaïdjanais semblent particulièrement chatouilleux quant à l’image donnée de leur pays à cette occasion. Jusqu’en Suisse. Ainsi, une «association culturelle» a porté plainte devant le Conseil de la presse helvétique contre «20 Minuten». En mai dernier, le quotidien gratuit alémanique avait fait paraître un article intitulé «Eurovision 2012 à Bakou: la menace du chaos et de l’homophobie». Outre la vétusté des studios de télé locale, le journaliste spéculait sur la réaction hostile du pays (musulman) au débarquement de fans gay du show. Il y a quelques jours, le Conseil de la presse a donné raison à l’association, jugeant le sujet de «20 Minuten» biaisé.

D’autres médias européens ont toutefois mis en question de manière plus convaincante les droits de l’homme, et singulièrement les droits des minorités sexuelles, en Azerbaïdjan, soulignant la permanence d’une répression au niveau familial et l’absence de protection par les forces de l’ordre – en dépit de la décriminalisation des rapports sexuels entre homme, il y a plus de 10 ans. «L’homosexualité ici est vue comme pire que la prostitution, a notamment confié l’activiste Yadigyar Sadykov à la BBC. Si une famille décide d’exécuter un parent gay, la plupart des gens approuvent. J’ai entendu parler de nombreux suicides d’homosexuels présumés, mais jamais je n’ai rencontré de personnes ouvertement gay [dans ma région].»