Monde Football

Un troisième oeil pour identifier les fans homophobes

23 déc. 2011

Des clubs de foot anglais ont entrepris d’éradiquer les chants anti-gay et racistes de leurs tribunes. Ils s’équipent en hotline de délation, en moyens de surveillance des forums de discussion et… en caméras frontales.

Le stade fait régulièrement la une – moins pour les exploits sportifs qui se déroulent sur la pelouse que pour les chants racistes ou homophobes entonnés par les supporters: l’enceinte de White Hart Lane, fief de Tottenham, à Londres, est depuis jeudi sous une surveillance accrue. Les stewards chargés de prévenir les débordements dans les gradins sont désormais équipés de caméras frontales, a annoncé le club. Le dispositif permettra de repérer et de dénoncer les fans proférant des insultes, rapporte le site PinkNews. «Le club prendra des mesures contre quiconque sera entendu proférant ce type de langage, a averti un communiqué des Hotspurs, à la veille d’un derby à haut risque contre Chelsea. Nous ne tolérerons aucune sorte de discrimination, que ce soit sur le terrain ou dans les tribunes.» Le public pourra également envoyer des MMS afin de signaler des fauteurs de troubles.

D’autres clubs ont également mis le paquet contre les auteurs de tirades anti-gay. C’est le cas notamment de Brighton, un club régulièrement la cible de chants homophobes du fait de la réputation gay-friendly de la ville côtière. Un fan de Barnsley et un autre de Southampton ont ainsi été interpellés par la police ces dernières semaines. Le premier, a écopé d’un avertissement plus de deux semaines après les faits, quand il s’est vanté sur un forum en ligne. Le second a été banni des stades pendant trois ans après avoir été identifié de la même manière.

«Chasse aux sorcières»
Cet arsenal de mesures est mis en place alors que la justice britannique a entamé des poursuites pénales contre le capitaine de Chelsea, John Terry, pour des propos présumés racistes contre un joueur de Queens Park. Le joueur de Liverpool Luis Suarez a été suspendu pour des motifs similaires. Une politique de tolérance zéro âprement contestée par une partie de la presse anglaise, qui y voit une «chasse aux sorcières» et le triomphe du politiquement correct.

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