tATu: un peu, beaucoup, passionnément, à la pédofolie…

En exhibant leur pseudo-homosexualité adolescente, Lena et Julia, les deux chanteuses de tATu, (ca)racolent en tête des hit-parades US et européens. Le groupe russe, qui cartonne tout autant dans les médias, doit son succès au génie marketing d’un ex-publicitaire et psychologue pour enfants. Lesbiennes ou non, là n’est pas la question.

tATu, c’est l’ascension fulgurante de deux adolescentes moscovites sur la scène musicale internationale. Choisies par le producteur Ivan Shapovalov en 2000 à l’issue d’un casting réunissant plus de cinq cent jeunes filles, Julia Volkova, la brune, et Lena Katina, la rousse, 15 et 16 ans alors, se connaissent déjà lorsqu’elles participent séparément à l’audition. Mais de simples copines d’enfance – toutes deux ont fait partie de la chorale d’enfants Neposedi – Shapovalov les transforme d’un coup de contrat en porte-parole des ados homos, en chantres de l’amour libre et de la rébellion. Sa stratégie marketing lui rapporte d’entrée le jackpot. Lancé fin 2000 en Russie, le premier titre, «I’ve lost my mind», raconte une histoire d’amour entre deux adolescentes. Diffusé trente cinq fois par semaine sur MTV Russie, le clip dans lequel les deux filles s’embrassent s’arrache. tATu remplit bientôt des stades de 50’000 personnes et le film est nommé clip de l’année 2001 par MTV Russie. Réenregistré en anglais et produit par Trevor Horn, le producteur de Madonna, Frankie Goes to Hollywood et Propaganda entre autres, le titre original devient le tube «All the Things She Said». Il est propulsé par une nouvelle mouture du clip. Moteur sur deux adolescentes vêtues de très courts uniformes d’écolières qui s’embrassent et se caressent sous la douche. Pardon, sous la pluie. Devant les yeux ébahis de passants dont elles sont séparées par un grillage symbolique, elles crient leur amour saphique à la face du monde avant de partir ensemble, main dans la main. Plus de 1,5 mios de CD vendus, davantage encore de copies illicites, Ivan Shapovalov a réussi le lancement parfait. L’homme n’a pas perdu son temps dans les agences de publicité, il sait comment transformer un produit anonyme en objet de convoitise.

«Tout le monde croit que nous sommes lesbiennes»
Baisers sur scène, jeux de mains, propos ambigus, rumeurs savamment entretenues… Toute l’image du groupe repose sur leur supposée homosexualité. Leur nom d’abord. t.A.T.u est l’acronyme de «Ta lyubite TU», «Cette fille aime celle-là» en russe. Mais cela ne suffit pas à répondre à la question qui semble sur toutes les lèvres. Les filles, qui ne connaissent que quelques mots d’anglais, n’ont jamais clairement dit qu’elles formaient un couple. Elles donnent très peu d’interviews et, le cas échéant, sont toujours escortées par des interprètes et par un Shapovalov qui entretient son flou tactique, distillant les seules informations – et la désinformation – qui lui conviennent. Sur leurs sites officiels (www.tatugirls.com par ex.) ainsi que dans les quelques interviews disponibles, Julia et Lena font un large usage des double sens et des approximations telles que «Julia et moi, nous nous aimons beaucoup». Quand une question les dérange, les lolitas se défilent d’un «Tout le monde est bisexuel, toi pas?» ou d’un «On n’en a rien à foutre de ce que les gens pensent», profitant de l’occasion pour asséner leur leitmotiv passe-partout «Soyez heureux, soyez vous-mêmes, nous le sommes». Les thèmes de leurs chansons, l’amour, l’incompréhension et la liberté accréditent la thèse de leur homosexualité. Histoire de la renforcer, il est souvent précisé à la presse qu’à l’hôtel, les filles demandent un lit double. Pour l’infirmer toutefois, de nombreux témoignages affirment qu’elles réservent leurs effusions aux journalistes, à la scène et aux caméras. Sans œil de Moscou, pas de bisou. Les photos volées dans une boîte moscovite,et qui les surprend dans des bras masculins, refléteraient donc la vérité? Annonce est aussitôt faite que les deux filles souhaitent se marier – ensemble – en Hollande. Vu la quantité d’informations contradictoires et de rumeurs volontairement diffusées par leur producteur, la question de leur homosexualité réelle est-elle vraiment importante? Au-delà de la success story d’un baiser somme toute assez gentillet, mais qui a généré un bouche à oreille commercialement sans précédent, c’est celle des fantasmes de Shapovalov, fantasmes reconvertis en stratégie marketing, qui inquiète.

Le baiser lesbien a motivé – bien que de manière incompréhensible – la censure provisoire du clip par M6. Mais en Angleterre, où c’est la première fois qu’un groupe russe atteint le sommet des classements, BBC1 et ITV ont refusé de le diffuser, arguant que le clip encourage la pédophilie et qu’il cible spécifiquement les «vieux pervers».

Pedo-pop
Julia et Lena ne sont pas les premières lolitas calibrées sur les fantasmes masculins. Mini-jupe plissée, chemisette et socquettes blanches composaient déjà l’uniforme scolaire qui a strarisé Britney Spears à la sortie de son clip «Baby one more time» et lancé Alizée et son «Lolita» dans l’Hexagone. Ce qui est nouveau, c’est la combinaison adolescentes + lesbiennes, une formule dont l’efficacité fantasmatique était spécifiquement escomptée par Shapovalov.

De son propre aveu au Sun et à d’autres médias, l’idée du groupe lui est venue en constatant que «de très nombreuses personnes visitent des sites pornographiques sur Internet et parmi elles, la majorité recherche des mineurs». Provocateur patenté, l’ex-psy pour enfants poursuit: «Rien ne répondait à leurs besoins. Aujourd’hui, il est clair que j’avais raison. J’ai les mêmes désirs. Je préfère les mineures». Manipulateur hors pair, Shapovalov esquive la question de son propre passage à l’acte: «Peu importe si je l’ai fait ou non. Je ne m’en souviens plus.» Accusé par une de ses ex, également auteure pour le groupe, d’exploiter les aspirantes stars en utilisant la promotion canapé, l’intéressé, divorcé, ne dément pas, fanfaronnant même que c’est sa méthode pour trouver une nouvelle femme… Ses prises de position scandaleuses servent-elles uniquement à alimenter une campagne de promotion basée sur le shockvertising? Déshabillés baby doll sur le livret du CD, culottes et chemisettes Petit Bateau en guise de tenue de scène, séquences mimant la masturbation dans le clip Simple motions, chorégraphie simulant un acte sexuel sur la chanson Malchick gay, nombreuses photos semi-dénudées… tATu surfe sur les pulsions pédophiles. Plus même. L’attitude des filles conforterait les pédophiles dans une de leurs convictions les plus profondes: ce sont les enfants qui les cherchent et les provoquent. Une caution dont les conséquences seraient infiniment plus dommageables que le prosélytisme lesbien dont certains ignorants accusent tATu…

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