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King Princess : «J’ai peur de ne pas pouvoir épouser ma copine»

King Princess : «J’ai peur de ne pas pouvoir épouser ma copine»
King Princess explore la vie à deux et son spleen dans un nouvel album intimiste. L’icône queer pop new yorkaise nous parle de son parcours, de sa non-binarité et des droits LGBTIQ+ en danger.

«Je suis dans une belle relation. J’ai deux chiens, un chat et une jolie maison pour laquelle ma copine et moi avons bossé. Pourtant, je me demande pourquoi je me sens si anxieuse et incapable.» Au bout du fil depuis New York, King Princess tente d’expliquer les sentiments contradictoires qui s’entrechoquent dans son deuxième album. D’un côté, Hold On Baby («Tiens bon, bébé») est une ode à la vie de couple et celle qui partage sa vie depuis trois ans (Quinn Wilson, directrice artistique de Lizzo). La chanteuse indie pop de 23 ans lui déclare sa flamme sans filtre: «Quinn, Quinn, oh, Quinn, I love you» sur la ballade r’n’b  cotonneuse «Winter Is Hopeful». De l’autre, le disque à l’éclectisme musical assumé et à la production soignée est une exploration de ses angoisses et de son spleen. «La pause de la pandémie m’a donné l’occasion de réfléchir à des problèmes que j’évitais de confronter. Avant, je me disais que je m’occuperais de mon anxiété et de ma dépression quand j’aurais le temps. Ces deux dernières années, j’ai décidé de comprendre pourquoi je suis si triste», lâche-t-elle avec une pointe d’ironie.

Une nouvelle icône queer sur laquelle il faut compter

Néx à Brooklyn, Mikaela Straus (son nom à la ville) vient à peine de souffler ses trois bougies lorsque ses parents divorcent. Son père est ingénieur du son et propriétaire d’un studio d’enregistrement où elle est biberonnée au rock vintage et apprend à jouer de divers instruments. Admise dans une prestigieuse école privée de musique à Los Angeles, l’effrontée plaque ses études après un an pour se consacrer à sa carrière. Elle est courtisée par le producteur star Mark Ronson, ancien complice d’Amy Winehouse, qui lui offre un contrat sur son propre label. «Mark est un nerd en matière de musique, comme moi. Nous partageons le même objectif: toujours faire mieux au niveau de la qualité» dit-elle de son mentor. Il suffira d’un tweet admiratif de Harry Styles pour que son premier single, la ballade résolument queer 1950, devienne viral en 2018. Sa carrière s’envole. L’album Cheap Queen est salué par la critique et la New-Yorkaise cash s’impose comme une nouvelle icône queer sur laquelle il faut compter. Un succès immédiat auquel elle n’était pas préparée. «Je pensais être prête, mais le succès est en fin de compte quelque chose de très stressant et violent. Tous les artistes disent que c’est génial et que rien ne change vraiment. C’est faux, tout change et devient très vite bizarre», confie-t-elle.

«Il n’y avait pas vraiment de terminologie pour désigner ce que je ressentais» 

Aujourd’hui, l’auteure-compositrice-interprète souhaite revenir à l’essentiel, c’est-à-dire «écrire des chansons, partir en tournée avec mon groupe dans un van qui pue et c’est tout.» Dans Sex Shop, un de ses nouveaux titres, elle évoque sa non-binarité, ce corps qui lui répète «you’re a princess, you’re a king princess» («tu es une princesse, tu es un roi princesse»). Une réalisation qui remonte à son enfance, se souvient-elle. «À l’époque, c’était déroutant parce qu’il n’y avait pas vraiment de terminologie pour désigner ce que je ressentais ni pour l’expliquer à mes parents. Pendant les dix premières années de ma vie, je me suis présentéx comme un garçon et demandéx pourquoi j’étais née fille. J’ai eu beaucoup plus de mal avec ça qu’avec le fait d’être gai. J’étais tellement gai que je n’aurais pas pu le cacher même si je l’avais voulu!» King Princess se dit inquiète pour l’avenir de la communauté LGBTIQ+ dans une Amérique à la morale régressive, où la remise en question du droit à l’avortement laisse présager l’érosion d’autres droits durement acquis. «Je suis terrifiéx par l’idée de ne pas pouvoir épouser ma copine. Après l’avortement, les Républicains pourraient s’attaquer au mariage gai. Ils ont déjà commencé à s’en prendre aux droits trans*. Je ne sais pas quoi faire, à part encourager tout le monde à voter.»

Hold On Baby (Sony Music).