Outerspace, c’est extra…

Du 12 au 21 mars 2010, l’espace Agent Double accueille une exposition doublée d’une série d’événements mettant en scène une fameuse brochette d’ «extraterrestres», selon les termes de l’artiste curateur Cetusss. Rencontre.

– Qu’est-ce que la différence, que vous avez choisie comme thème centrale d’Outerspace, dans une société où l’individuation semble faire loi?

– L’individuation n’est pas rassurante. Vous savez qu’il faut même la brider pour survivre. Outerspace est une exposition sur des extraterrestres, des extra-terriens comme vous, peut-être, et comme moi surtout. Je ne cherche pas à promouvoir le droit à la différence parce que je le considère acquis dès la naissance. Cette différence est l’essence précieuse de notre existence et je vous propose, avec Outerspace de glorifier votre singularité.

– Un certain nombre des artistes que vous présentez sont homos. L’homosexualité peut-elle donc encore être considérée comme une manière d’être extraterrestre aujourd’hui?

– Parmi la quarantaine d’artistes que j’ai contactés, un sur cinq est officiellement homo, et je me suis compté. S’il y en a plus, vous en savez plus que moi. Outerspace n’est pas une exposition gay, mais avec quelques gays. Il faut reconnaître que le commun des mortels n’est pas encore blasé lorsque l’un d’entre nous se révèle à leurs yeux.

– Quels sont les liens entre une séance de tatouage, une soirée DJs et les arts plastiques?

– Le vendredi 12 mars, Inkvaders et Labo-O-Kult, deux collectifs de tatoueurs à Genève, vont fusionner leurs styles respectifs dans l’invention d’un tatouage permanent fait à même le corps d’un volontaire. Il s’agit de donner à voir un rituel de métamorphose radicale, et d’en partager l’excitation et le bonheur. Gare à la frustration pour ceux qui s’attendent à de simples soirées DJ. Samedi 20 mars, Lady Bruce vous choisira peut-être pour une expérience en tête-àtête. Outre l’illustration légère de I want to believe, il s’agira, lors de cette performance, de privilégier quelques êtres humains. La sensation comme médium, pour questionner notre place dans la masse ou hors de la masse, autant que le corps que nous habitons devien-nent les matériaux plastiques de ces évènements.

– Commentez cette citation de Pierre Keller: «La culture, ça finit toujours en saucisse!»…

– Au vernissage, il y aura du Potjevlesch: une recette ch’ti à base de viandes. Vous et Pierre êtes cordialement invités à mordre cette ?uvre culinaire signée par Nathalie Des-ponds Qiu. Propos recueillis par A.B.

«Outerspace» à Agent Double, 23 Bvd du Pont-d’Arve, Genève. Du 12 au 21 mars de 17h à minuit. Programme complet sur www.elvisss.com/OUTERSPACE

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