Culture Quotient queer

Le QQ de Gaga

19 mars 2020

Lady Gaga ne manque jamais d’encourager ses fans à célébrer leurs différences plutôt que les réprimer. Son come-back tombe à pic pour tester son QQ, autrement dit son Quotient Queer.

Elle revient dans sa version pop. Celle qu’on préfère en somme. Et celle-là même qui l’a imposée sur le devant de la scène en 2008, au gré du matraquage quotidien de ses extravagances stylistiques avec ses faux airs de Donatella Versace et sa perruque frangée façon Lova Moor. Au début, Lady Gaga, c’était un déferlement de hits scandés d’onomatopées, sa marque de fabrique. Dès son premier tube commis, le classique «Poker Face», la nouvelle idole manifestait son fort attachement à la communauté LGBTIQ+. 100% sincère ou marketing queer? On en découd une fois pour toutes.

Mother Monster

Proche de ses fans qu’elle baptise ses «Little Monsters», telle la fée cabossée «Mother Monster» qu’elle incarne, elle n’est jamais à court de mots rassurants sur le fracas de l’adolescence. En hordes, les «Little Monsters» s’identifient à sa glorification des différences, revendiquent le droit de ne pas être conformes aux canons de beauté de l’époque. Courageuse et bien de son temps, elle n’hésite pas à aborder des sujets graves, tels que les troubles alimentaires, la violence sur les réseaux sociaux et le suicide chez les jeunes LGBTQI+. Aujourd’hui, les «Little Monsters» ont grandi, mais leur gratitude envers elle reste intacte.

«G.U.Y», son hymne LGBTQI+

Au sommet de son art, elle livrait un véritable chef-d’œuvre avec le clip de «G.U.Y» en 2013. Tourné dans l’incroyable Heart Castle en Californie, elle offrait au beau gosse Andy Cohen, star de la télé aux EtatsUnis ouvertement gay, un rôle sur mesure: Dieu. Inspirée par la bisexualité et l’opposition entre les rôles de dominant et dominé dans une relation, la chanson fait également référence à la mythologie grecque et rend hommage à Donatella Versace et Michael Jackson.

Icône gay absolue

Occupé jusque-là par l’indétrônable Madonna, le statut d’icône gay absolue va comme un gant à Gaga. Plus trash que sa souveraine aînée, elle semble également plus sincère. L’époque n’est plus la même. Là où Madonna semblait une star inaccessible avant les réseaux sociaux, Gaga s’en est emparée pour renforcer le lien quasi direct avec ses fans. Grande habituée des Marches des Fiertés, elle s’affiche sur Instagram, entourée de ses fans lors de l’une d’entre elles et commente: «Je vous aime tellement les enfants, continuez à être des révolutionnaires!» Impossible de rester insensible à ses cris du cœur en faveur de la communauté.

Gaga de mode

Monstre de mode changeant de look plus vite que son ombre, Lady Gaga commence par étourdir la planète en appliquant les préceptes de caméléon de David Bowie et Madonna à une cadence infernale. Nicola Formichetti, le complice de ses débuts, façonne sa silhouette de l’extrême avec des pièces inoubliables, telle que la fameuse robe en viande, un look très peu vegan au MTV VMA 2010. Plus qu’une icône de mode, elle transcende celle-ci totalement. Un tour de force qui atteint son paroxysme dans la vidéo «Bad Romance», dans laquelle elle porte les incroyables Armadillo boots de son ami Alexander McQueen en chantant «Walk, walk, fashion baby».

Puissance et crédibilité artistique

La légende dit qu’elle aurait dévoré toutes les biographies d’Andy Warhol afin de comprendre les rouages de la pop. En effet bien rodée, adoubée par Elton John, elle a prouvé qu’elle sait chanter, jouer au piano et ceci dans un large registre, allant de la pop au jazz. Pourtant, ses extravagances de style ont vite fait de la cantonner à une image de performeuse de l’extrême pas très sérieuse, plus préoccupée par ses perruques que par ses vocalises. Malgré ses efforts, Lady Gaga ne s’est jamais totalement débarrassée de son statut d’idole clownesque un peu cinglée. C’est peut-être par le cinéma qu’elle parviendra à la reconnaissance de ses pairs, notamment avec sa prestation dans «A Star Is Born», qui a rencontré un succès phénoménal en 2018.

Résultat 9,4

Avec un tel score, cela ne fait aucun doute, le QQ de Gaga tape très haut. Que voulez-vous, she was born this way! Grâce à son supplément d’âme et son réel attachement à la communauté, elle bat ses consœurs à plate couture. Fille de terrain plus que poupée pop programmable, c’est dans l’action qu’elle se distingue des autres.

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