Samir s’attaque aux tabous du monde arabe

Dans son thriller «Baghdad In My Shadow», le réalisateur suisse, Prix du public aux Journées de Soleure, évoque le quotidien complexe de trois exilés irakiens à Londres.

Architecte, Amal a fui son mari despotique et vit sous une fausse identité. Ne pouvant exercer son métier en Angleterre, elle travaille au Café Abu Nawas, lieu populaire londonien où se rencontrent des immigrés irakiens. On y trouve par exemple Taufik, un poète athée, ancien militant communiste sous surveillance. Il se montre impuissant face au changement de son neveu Nassir, sous influence d’un prédicateur salafiste aussi radical qu’hypocrite.

Il y a encore Muhanad, jeune informaticien gay. Menacé de persécution dans son pays en raison de son orientation sexuelle, il devient, comme Amal tombée sous le charme d’un chef de chantier, la cible de Nassir pour qui l’homosexualité et l’infidélité sont punissables de mort.

«Tares impardonnables»
Samir raconte le quotidien complexe de ces trois personnages éprouvant un sentiment de rejet. Mais l’idée du réalisateur, né à Bagdad, consiste surtout à les confronter à trois tabous majeurs de la société arabe: l’athéisme, l’adultère et l’homosexualité. Des «tares impardonnables» dont personne ne veut parler. C’est plutôt gonflé!

» Sortie mercredi sur les écrans romands

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