Photo: Ester Paredes

Autopsie d’une diva

Quatre actrices du «Cabaret d’avant-guerre» se retrouvent sur la scène du Galpon, à Genève, dans «Venus Vocero», étourdissante évocation funèbre d’une cantatrice disparue et de sa fuite éperdue vers la perfection.

Fauchée en pleine gloire, sous les bravos et les fleurs, Vénus est morte. Restent les hommages à la cantatrice dévorée par son art. Ils prennent la forme du vocero, complainte entonnée par des vocératrices autour d’un mort, comme c’est la coutume en Corse et en Sardaigne. Une véritable joute vocale, où chacune se surpasse pour évoquer la mémoire de la défunte.

Des voix pour évoquer la voix, c’est le point de départ de la pièce composée par l’auteure genevoise Nadège Reveillon, et créée en 2008 aux théâtre des Osses, à Fribourg. Pour cette nouvelle mise en scène signée Agnès-Maritza Boulmer, on retrouve des figures de l’inoubliable «Cabaret d’avant-guerre» – Loulou, Agnès Martin-Sollien, Sophie Solo et Greta Gratos (Pierandré Boo) – qui troquent le décor des sous-sols berlinois pour celui de la chambre funéraire.

Photo: Ester Paredes

Courage et folie
Devant un public qui prend part à la veillée, les quatre vocératrices dévoilent, en harmonies et en dissonances, chant par chant, la vie de la défunte. On y découvre son courage et sa folie dans la recherche de la voix parfaite. Alternant chœurs et solos dans une étourdissante circulation de mots, c’est un petit opéra qui se déroule, non sans coups de théâtres et éclats de rire. La diva est morte, vive la voix!

» «Venus Vocero» du 21 février au 3 mars 2019 (relâche le lundi) au théâtre Le Galpon, route des Péniches (bois de la Bâtie), Genève. Infos: galpon.ch

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