Ciccone Connection

Madonna revient avec «Rebel Heart», son treizième album studio. Même si le passage à l’ère digitale s’effectue dans la douleur, rendons à la star ce qui est à César.

Plus de trente ans que ça dure et on ne se lasse pas de la porter aux nues ou de la descendre en enfer. Adorée autant qu’abhorrée, elle n’a jamais laissé personne indifférent et chacun de ses comebacks se transforment en véritables événements médiatiques. Elle, c’est Madonna bien sûr. Ni ses fans ni ses détracteurs n’ont manqué l’info: 2015 marque son énième retour sur le devant de la scène.

Inlassablement, à mesure qu’approche la date fatidique, le lynchage médiatique s’orchestre pour tenter de l’anéantir. Un scénario à répétition tout ce qu’il y a de plus banal pour cette experte de la controverse. Sauf qu’entre son album «Confessions On A Dancefloor», sorti en 2005, et «Hard Candy» trois ans plus tard, le vent a tourné pour la souveraine des charts. Face à l’ardeur des «haters» qui se déchaînent sur les réseaux sociaux, sa flamme vacille dangereusement. Dur dur, le passage à l’ère digitale pour la reine de la pop. Le nivellement des moyens de communication n’est certainement pas étranger au phénomène. Oui, il semble loin le temps où la sulfureuse star du showbiz menait la danse, savamment accoutrée de ses fameux dessous sens dessus dessous lors de ses tournées qui affichaient sold out en un temps record autour du monde.

Flashback
Dans le film documentaire «Truth or Dare» – prémices de la téléréalité – qui la suivait dans les coulisses de sa tournée «Blonde Ambition», le réalisateur Alek Keshishian dévoilait l’envers du décor de la gloire: la solitude d’une diva en peignoir blanc dans sa suite de luxe. Isolée dans sa tour d’ivoire, elle se montrait furtivement à sa fenêtre pour saluer les hordes de fans qui scandaient son prénom en bas des palaces où elle résidait. Le décor était planté, la reine n’avait plus qu’à sortir au balcon.

Deux décennies plus tard, en guise de tribune, Madonna se retrouve à faire sa promo personnelle via les réseaux sociaux, comme tout le monde. Un selfie à Gstaad par-ci, un #unapologeticbitch par-là, pour la première fois depuis ses débuts, la Ciccone semble un peu, beaucoup, passionnément, à côté de la plaque.

Attendue au tournant, on ne compte plus le nombre de ses posts qui se retournent contre elle. Une photo de son fils de 13 ans avec une bouteille de Bombay Sapphire à la main sur son compte Instagram? Outrage, elle incite les mineurs à la débauche! Lorsque son album a leaké dans son intégralité sur internet, la chanteuse s’est emportée en comparant ce piratage à du terrorisme et un viol artistique sur son compte Facebook avant de retirer ses propos. Pas du meilleur goût, certes, surtout par les temps qui courent. Il n’empêche que les réactions haineuses des internautes étaient disproportionnées par rapport à une simple maladresse de sa part. Elle le sait: on ne lui pardonne rien.

Aussi, lorsque ses fans décident de réinterpréter le bondage facial du visuel de son nouvel album en l’appliquant à des figures historiques comme Jésus Christ, Bob Marley, Nelson Mandela, Martin Luther King ou Marilyn Monroe, les médias pourraient faire le choix de saluer la créativité de ses admirateurs. Mais non, on la cloue au pilori. Plus récemment, parmi toutes les stars qui ont soutenu Charlie Hebdo, elle est la seule à s’être attiré les foudres sous prétexte qu’elle utilisait l’attentat pour faire la promo de son album «Rebel Heart».

Pour se consoler de tant de haine, elle peut se targuer d’être la seule star du showbiz remerciée pour son soutien dans le journal satirique français avec une caricature la représentant dans son bustier à bonnets coniques. «Vous me punissez pour avoir partagé mes fantasmes avec vous, ai-je dit quelque de juste? Je ne regrette rien, telle est la nature humaine, et je vous retourne le miroir», les années passent mais les textes de Madonna restent.

2 comments

Après son ignoble spectacle MDNA (deux heures de déshumanisation pour le fun) elle mérite ce retour de bâton. Idiote, va.

Je viens de voir son nouveau clip. Chanson et vidéos sont banals à pleure, voire légèrement embarrassants à 57 ans, comme ses interventions sur les réseaux sociaux. Triste qu’elle ne se réinvente pas comme elle a réussi à le faire plusieurs fois en 30 ans de carrière.

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