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«Super-Lisa», profession bédéiste

Lisa Mandel, auteur de BD francophone, écrit des histoires drôles, déjantées, avec des lesbiennes, mais pas que et bien plus. Rencontre.

– Lisa, votre parcours a commencé avec Nini Patalo (2003) et Eddy Milveux (2004) dans des journaux jeunesses. Une volonté de travailler pour ce public ou un hasard?
– A vrai dire, c’était plutôt par hasard. J’étais à l’école avec Boulet qui m’a proposé de travailler pour Tchô magazine. Même si cette série a d’abord été publiée dans un journal pour jeunes, Nini Patalo est une BD tout public.
– En 2008, vous publiez Princesse aime princesse. Est-ce que parler d’homosexualité est un pas à franchir après la littérature jeunesse?
-Non, ça ne m’a posé aucun problème et aux éditeurs non plus! D’ailleurs dans le tome 2 de Eddy Milveux, publié en 2004, les parents d’Eddy se séparaient et sa mère s’installait avec une autre femme.
– La même année que Princesse aime princesse est aussi publié Esthétique et filature. Là aussi, une BD dont les héroïnes sont lesbiennes. Un saut à la BD adulte?
– Avec Princesse aime princesse, j’ai visé un public intermédiaire: ados et adultes. Esthétique et filature est plus pour adulte, oui. Les dessins de Tanxxx (je suis scénariste sur ce volume) apporte aussi un côté noir, plus trash.
– Est-ce qu’on peut dire que Princesse aime princesse est une BD sur l’homosexualité?
– Non, pas vraiment. Même si le titre est «direct», j’ai vraiment toujours eu la volonté de ne pas problématiser l’homosexualité dans mes histoires. Ici, deux adolescentes tombent amoureuses et à aucun moment le fait que ce soit deux filles ne pose de problème aux personnages (parents, amis, etc…). Finalement, j’écris une aventure, une histoire et, «accessoirement», il se trouve que ce sont deux filles.
– Comment se dit-on un jour «je vais écrire une histoire avec des histoires d’amour homosexuelles»?
– Et bien… En fait je l’ai toujours plus ou moins fait! A l’école déjà, on avait créé un fanzine gay et lesbien qui s’appelait Hercule et la toison d’or. Et puis, en tant que lesbienne ça me semble normal.
– C’est-à-dire?
-Je n’ai jamais caché mon homosexualité en tant qu’auteur. Il y a souvent une présence homosexuelle dans mes histoires. Je me dis: si ce ne sont pas les gens concernés qui en parlent, qui le fera ? C’est une sorte de devoir, je pense.
– Et vous avez déjà été contactée pour faire des dessins militants, illustrer des campagnes…?
-J’ai parfois été contactée par des gens très militants, oui, mais je ne me suis jamais lancée dans ce genre de projet. La demande est souvent d’illustrer les propos de quelqu’un d’autre, je préfère faire passer mes propres messages dans mes histoires.
– Une de vos actualités c’est la série «Super Rainbow». Vous nous en parlez un peu?
-Avec cette série, j’avais envie de me détendre avec un truc «super gay», le projet que je mène en parallèle HP étant un thème assez lourd. Contrairement à mes dernières histoires dont les protagonistes étaient lesbiennes, mais dont l’histoire ne se référer pas particulièrement au monde LGBT, Super Rainbow contient plein de références lesbiennes, des clins d’œil à des grands personnages de cette culture. L’histoire reste accessible à tous, quand-même, hein!
– L’histoire, d’ailleurs, un projet fou-dingue dans lequel on retrouve bien votre patte, comment la résumeriez-vous?
– C’est un sujet improbable qui est sorti de ma participation aux 24 heures de la BD à Bruxelles. Le scénario est le suivant: en 1974, un couple de femmes scientifiques (Jeannine Broutte et Ghislaine Gazon) inventent des combinaisons qui donnent de super pouvoirs à conditions que leurs porteuses aient un orgasme ensemble. En 2014, les services secrets francophones, retrouvent les combinaisons et en équipent Francine et Lisa leurs meilleures agentes secrètes. Les deux super agentes affrontent alors toutes sortes de situations dignes des plus grand super-héros comme une attaque de caniche géant.
– Cette série est publiée dans le magazine en ligne Professeur Cyclope, vous prévoyiez de la publier en album?
– Oui, effectivement, c’était une condition de départ. Super Rainbow devrait sortir en version papier début 2015, a priori.

Nini Patalo, 5 tomes éd. Glénat
Eddy Milveux, 2 tomes éd. Milan. Tome 3 à paraître chez Bayard.
Princesse aime princesse coll. Bayou, éd. Gallimard
Esthétique et filatures, dessin de Tanxxx coll. KSTR, éd. Casterman
Brune Platine, (on retrouve les héroïnes de Esthétique et filatures 15 ans après) dessin de Marion Mousse coll. KSTR, éd. Casterman
HP 2 tomes, tome 3 à paraître, éd. L’Association
Super Rainbow, in Professeur Cyclope: www.professeurcyclope.fr