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Tegan & Sara, folk gémellaire

Les jumelles canadiennes Tegan & Sara quittent leurs contrées indie et promettent un nouvel album aux couleurs plus pop, produit à Los Angeles.

Longtemps, elles ont fait souffler sur leur folk des courants descendus des hautes plaines. Fraîcheur, spontanéité couleur blue jeans et franchise de chemises à carreaux. Longtemps, elles ont déployé des tubes dont la simplicité et l’évidence sentaient bon le griffonnage au coin d’une table, et les voix traduisaient les accents doucement rebelles de la post-adolescence, paroles jetées par-dessus quelques guitares sobres et vastes comme les grands espaces canadiens. Tegan & Sara, jumelles, belles et telles quelles. Leurs promesses d’authenticité lancées à contresens sur l’autoroute du début des années 2000, sortie de siècle encombrée par les carosseries rutilantes du RnB et les motoriques montantes des musiques électroniques.

En bientôt une décennie et demie de carrière, les deux sœurs Tegan Rain et Sara Keirsten Quin, 32 ans, ont su progressivement imposer le naturel de leur songwriting, jusqu’à fouler les plus grandes scènes nord-américaines (Coachella, Lollapalooza, SXSW, et une tournée jusqu’à la fin de l’année avec The Killers). Tout cela en restant relativement fidèles à la posture discrètement militante – chacune partage sa vie avec une femme – qui leur a permis par la même occasion de rentabiliser le double facteur hyper-médiatique gémellité/homosexualité.

Fard à paupières
Virage. Soudain, cet automne, les frangines balancent un single produit jusqu’au bout des ongles, nappé de textures outrageusement synthétiques, pulsé par la régularité des boîtes à rythme. Fini l’air vif et pur de Calgary, leur ville d’origine bordée de forêts immenses, dont les tours du centreville embrassent, au loin, les neiges éternelles des Rocheuses. Place aux plages et aux décapotables de Los Angeles, où Tegan & Sara ont travaillé sur leur septième album, Heartthrob, à paraître début 2013 et dont le titre Closer est le premier extrait. Le matériel promotionnel laisse apercevoir un soupçon de blush aux pommettes et une touche de fard sur les paupières ; un glamour qui tranche avec les yeux au beurre noir brandis sur la cover de leur excellent DVD live, Get over.

Abandonné, le folk-rock acoustique qui faisait la séduction de Walking with a Ghost, Alligator Tears, ou The Con? Il y avait de quoi se méfier. Tegan & Sara ont récemment frayé avec quelques cadors de la guimauve électronique (Tiësto et David Guetta). Heureusement, les producteurs réquisitionnés pour façonner l’étoffe sonore de Heartthrob ont de meilleures références: Foster the People, Eminem ou M83 sont passés entre leurs mains. Mais bon. Pour les revendications «indie», on repassera.

Clarkson et Kesha
Refrain über-catchy et gimmick conçu pour les stades: Closer possède une efficacité pop comme seule la West Coast sait faire. Le résultat fait penser à la bande-son d’un après-midi de shopping à West Hollywood, avec un supplément de feeling rock. Du coup, que fautil espérer de ce futur Heartthrob?

Ces derniers temps dans les médias, les deux sœurs disent à qui veut l’entendre leur admiration pour la pop à haute rentabilité, leur respect pour Rihanna, Justin Bieber et les autres machines à hits. «Greg Kurstin (un des producteurs, ndlr) a travaillé avec The Shins, mais aussi avec Kelly Clarkson et Kesha», déclarait Tegan en mars au site altpress.com. «Sara et moi étions intéressées d’explorer des espaces inédits. Evidemment, nous ne sommes pas en train de faire un disque de Kesha. Mais il ne faut pas non plus nous montrer timides par rapport aux affinités pop avec lesquelles nous avons grandi.» Nous voilà prévenu(e)s… Réponse dans les bacs physiques et virtuels le 29 janvier.