Culture Lausanne

Le genre se tape le LUFF

17 oct. 2012

Fidèle à son image de laboratoire, le Lausanne underground film festival (LUFF) ne se contentera pas de présenter des ovnis cinématographiques: il mettra l’expérimentation sur les genres au coeur de l’édition 2012 qui s’ouvre aujourd’hui.

Vous prenez un festival franchement underground et un performeur spécialisé dans les questions de genre. Vous secouez un peu le public et ça vous donne «Gender Does LUFF». C’est-à-dire une série de workshops dans le cadre du Lausanne underground film festival qui poursuivent les affres de l’assignation des genres dans la programmation du rendez-vous vaudois.

Décidément hors norme, la volonté affichée de l’équipe du LUFF est de déconstruire le rapport par souvent trop normé dans cette dichotomie auquel le festival n’échappe pas: une majorité de mecs sur scène et sur les écrans que des femmes. Sortir du sensationnalisme ou de l’escalade du trash. Du sang, du gore, du cul OK mais en dialoguant avec cette réalité dans une joyeuse décadémie! Le LUFF c’est un festival qui aime transmettre. Une plateforme qui peut se permettre ce genre d’expérience. «On a toujours trouvé dommage qu’un artiste vienne présenter son travail et puis s’en aille», explique Thibault Walter co-directeur artistique de l’événement. «C’est d’une rétrospective de l’artiste porno-feministe Annie Sprinkle à l’Oblo (un cinéma indépendant lausannois, ndlr) que l’idée de relever ce défi nous est venue.»

Une équation à résoudre
Comme nous l’explique Sara Tochetti, biologiste, programmatrice à l’Oblo et curatrice sur ce projet, «la sexualité et la transgression c’est la marque de fabrique du festival, mais cette façon binaire d’envisager les choses a été dépassée par la mouvance post-porn féministe et LGBTIQ.» Il s’agit de donner à voir mais aussi à comprendre. «Les questions de genre sont des choses intégrées dans la programmation du LUFF depuis longtemps. Mais dans la façon de présenter au public et la façon que ce même public a de se représenter ce qu’il voit amène parfois à une séparation du politique et de l’artistique», ajoute Sara.

Une équation qu’il s’agit de résoudre. Et c’est le performeur franco-arabe King Victor Marzouk qui va se charger de mettre tout le monde au diapason du genre. Un artiste qui travaille beaucoup sur la question de l’intersexualité de la fluidité des genres. Dans la plus pure tradition de la scène queer de Barcelone, Paris ou encore de New York. Sur les trois jours du festival, une dizaine de participants qui se seront inscrits préalablement partiront, avec leur guide, à la conquête des entrailles de la programmation du festival.

Pour ceux qui aiment l’aventure au-delà des sentiers battus, le LUFF vous donnera cette année encore à boire et à manger. Il est l’heure, après tout, de goûter enfin à ce fameux fruit défendu. Une forme de connaissance, au-delà des genres, pour mieux nous comprendre.

Lausanne Underground Film & Music Festival-LUFF – 17-21 octobre 2012.

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