Housse de racket.

À la French, à la fraîche

Retour de flamme ou nouvelles vagues,la rentrée discographique sonne bleu blanc rouge. Aux armes!

«Sacré Français», clamait Dimitri from Paris en 1997. Rythmique désuète, un soupçon de vibraphone, et ces vocaux vaguement phonogéniques qui suscitaient des sourires navrés au sein de la hype européenne. Pas grave : 90% des ventes se feront outre-Atlantique, là où les froufrous parisiens ont des saveurs d’exotisme qui riment encore avec hédonisme. 14 ans plus tard, la French Touch continue d’essaimer l’idée d’une certaine fraîcheur à la française. Pour preuve, ces quatre disques qui élargissent leurs apanages électroniques à des sphères pop, rock, voire FM.

Birdy Nam Nam

«Defiant Order»
Les plus technoïdes. Enfants du scratch, les Birdy Nam Nam reviennent avec un troisième album qui émulsionne une culture musicale large comme un club globalisé. Entre minimale tirant vers Berlin, nappes synthétiques mid-tempo qui mettent du plomb dans les pieds et progressive façon Chicago, «Defiant Order» s’apprécie comme un véritable codex de la musique de danse.

Housse de racket

«Alesia»
Les plus FM. «Forty Love», leur premier album, fleurait bon l’adolescence. A tel point que Lacoste, KFC ou Canal+ s’appropriaient les bariolures du titre «Oh Yeah» pour booster leur coefficient djeunz. Entretemps, ces ressortissants des groupes Air et Phoenix sont passés à la vitesse supérieure, sous la tutelle de Philippe Zdar, l’un des manitous de Cassius. «Alesia» procède par riffs imparables et autres progressions grandiloquentes, éventuellement agaçantes, mais potentiellement addictives.

Justice

«Audio Video Disco»
Les plus stars. Un disque marqué par le signe de croix a fait du duo parisien l’égal des légendaires Daft Punk – ce qui n’est pas peu dire. Gaspard Augé et Xavier de Rosnay mettent la disto en sourdine et promettent de revenir à une production plus acoustique. Ce qui n’empêche pas les trois premiers extraits de taper très fort. Cocorico !

M83

«Hurry up, we’re dreaming»
Les plus américains. Sur le premier single de ce nouveau disque, «Midnight City», ils osent le solo de saxophone, dans les traces d’augustes figures telles que Katy Perry et Lady Gaga. Normal : ces Frenchie-là savent mieux que personne séduire les Etats-Uniens à coup de claviers mousseux et d’envolées planantes comme Grand Canyon. Oui, si Abercombie & Fitch étaient deux sorciers de l’électro-pop, ils s’appelleraient M83.

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