Fragrances

Kaléidoscopique


Goulue, avide de langage artistique sans limites, en moi se mêlent bien des disciplines. Une seule ne peut me contenter et me laisserait un goût d’inachevé. Kaléidoscopique.
Suis-je distraite ou multi concentrée? Dans mon esprit, tant de choses se mêlent; je ne me sens complète que lorsque je peux visiter toutes les eaux de ma pensée créative. Trop de paysages s’offrant à mes yeux capturent mon regard pour que je ne suive qu’une unique direction. Dispersée? Plutôt éclatée, comme une mosaïque hétéroclite dont il ne m’est pas nécessaire de savoir quel en sera le résultat final. Car je n’aime que l’intensité de ces instants où chaque pièce s’élabore sans préméditation, avec cette étrange conviction qu’elle trouvera aisément sa place dans l’ensemble.

À l’instar d’une nef folle, apparemment sans boussole ni compas pour la guider, qui suivrait tous les vents qu’elle rencontre sans autre destination que celle imprimée par le désir impérieux d’être ici et là à la fois, je navigue au gré des vagues de ces espaces divers où mes amours m’appellent. Sans pour autant se disloquer, mon navire vogue sans ordre précis, se dirige en zigzags, élaborant point par point comme un labyrinthe de couture.

Le fil qui alors se noue, résonne sous mes doigts, évoque en moi des rythmes, une succession de notes, décide pour moi d’un chant futur. Au fil de la musique qui se déploie des mots surgissent, noircissent les pages vierges, dessinent des arabesques, appellent le dessin, l’image fixe ou en mouvement. Peinture, chant, couture, image, écriture; comment pourrais-je rejeter l’impérieuse nécessité qui me guide à visiter les propositions qui se chevauchent et s’entremêlent dans mon esprit? Il m’a fallu du temps et des encouragements pour comprendre que je n’avais nul désir de me spécialiser en me confinant dans une discipline spécifique qui ne pourrait que m’enfermer dans une cage dorée où, prisonnière, je perdrais la particularité de mon chant.

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