L'humeur de Dr. Hazbi

Une d’ces couches!

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Couche #30: J’ai récemment entendu parler du terme «side», qui décrit les personnes qui dans la sexualité ne sont ni actives, ni passives: en gros, qui n’aiment pas la pénétration et qui préfèrent la masturbation et toutes les autres choses qu’on peut faire côte à côte. Et c’est mon cas. Par contre, je peux dire d’expérience qu’il est parfois difficile d’affirmer cette préférence avec les mecs. Ils sont tellement conditionnés par les scripts du porno «s’embrasser, se toucher, se sucer/lécher, se pénétrer», que ça semble inimaginable d’avoir une autre forme de plaisir.

#31: Et si on commençait à penser à la mort comme l’expérience ultime qui va nous amener vers une existence encore plus expansive, au lieu de la penser comme la pire des choses dont nous devons avoir peur?

#32: Il y a de moins en moins de doute que la beauté est un passe-droit universel. Être une personne non-binaire quand on a un joli visage et un corps androgyne, ça passe beaucoup mieux que quand on est gros∙se∙x et poilu∙e∙x. Les personnes trans* les plus populaires sur TikTok sont celles qui ont un passing cis mais surtout qui sont dans les canons de beauté. Le problème, c’est que la beauté devient un moyen de hiérarchiser les autres. On recrée des dynamiques de subordination dans nos cercles, comme si on n’avait pas assez souffert d’avoir été marginalisé∙e∙x∙s par la société cishétéro. On se veut inclusif∙ve∙x, sans se rendre compte qu’on exclut les personnes dont la beauté n’est pas stéréotypique. Pour moi, tant qu’on n’aura pas laissé tomber l’idée qu’une personne ne mérite notre attention que quand elle attise notre intérêt – que ça soit à travers la libido, l’argent ou le pouvoir – on renforcera ce système de castes qui ne profite qu’aux personnes qui sont au sommet de la pyramide de la beauté.

Dr. Hazbi est enseignant·x universitaire, artiste, hôtesse et politicien·x. Son téléphone est bourré de réflexions qu’iel s’empresse de retranscrire, couche par couche.

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