Chroniques

Réflexions, poséx dans mon lit

Par

Dr. Hazbi est enseignant·x universitaire, politicien·x et artiste. Son téléphone est bourré de réflexions qu’iel s’empresse de retranscrire, couche par couche.

Couche #12
Je rejette tellement la masculinité que j’en deviens asexuel∙x. Les corps masculins me repoussent. Les démarches viriles me repoussent. La médiocrité et la violence masculines me dégoûtent. Ayant toujours été gay, je me retrouve aujourd’hui sans attirance sexuelle. La masculinité aura réussi à faire de mon désir sexuel un désert sexuel. Bravo les mecs!

Couche #13
Récemment, j’ai remarqué que j’ai tendance à ne plus trop liker les posts Instagram qui ont déjà beaucoup de «likes». Mon réflexe a été de me dire que c’était par jalousie, mais ça sonnait faux. Et puis, j’ai compris. Ça vient de ma posture éthique à ne pas donner d’attention aux personnes qui en ont déjà assez. L’inclusivité, pour moi, c’est donner de l’importance aux personnes qui en ont moins aux yeux de la société. On n’attend pas que ça devienne la mode de s’intéresser aux personnes ou identités moins populaires. Sinon, on fait comme les mouvements féministes qui n’ont inclus d’autres groupes en dehors des femmes cis blanches aisées que quand ces groupes ont gagné en importance politique.

Cette couche est une dédicace aux bizarres, moches, cramé∙e∙x∙s, losers, introverti∙e∙x∙s.

Couche #14
J’aimerais rajouter aux handicaps physiques et mentaux le handicap émotionnel. Les situations parmi les plus paralysantes pour moi ont été celles où mon corps émotionnel était fragilisé par mes partenaires. Une dispute? Incapacité de travailler. Un rejet? Incapacité de me lever de mon lit le lendemain. Comme pour les handicaps physiques où ce n’est pas la personne en chaise roulante qui est handicapée mais l’environnement inadapté qui est handicapant, la responsabilité de la fragilité émotionnelle d’une personne devrait aussi incomber à son entourage. À nous d’aménager nos comportements selon les besoins affectifs de l’autre.

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