Chroniques

Vive les marié·e·x·s!


À peine le Parlement fédéral a légiféré en faveur du mariage pour tou·te·x·s, que l’opposition s’élève déjà, de quoi s’indigner. À chaque fois que la lumière progressiste illumine notre pays, pourquoi faut-il que des forces occultes s’élèvent pour répandre leurs ombres sur nos vies ? Tout comme la pénalisation de l’homophobie, des comités référendaires récoltent en ce moment même des signatures pour contester cette avancée sociale majeure que représente le mariage pour tou·te·x·s et en soumettre l’issue aux urnes, ne faisant une fois de plus que ralentir un processus inéluctable.

Cette question hante mes nuits : pourquoi des individus raisonnables et rationnels dépensent-ils autant de temps, d’énergie et d’argent pour activer les plus dignes rouages de notre démocratie dans le but de s’opposer aux droits fondamentaux de leurs prochains ? J’ai lu dans un article que cette opposition serait une affaire de conviction personnelle. Je ne comprends cependant pas. Si la vue du bonheur des autres vous dérange, il suffit de détourner votre regard, non? Pas besoin d’exciter toute la nation !

Moi aussi j’ai une conviction, elle porte sur la défense des fondements de la démocratie : dans une société qui se réclame de la liberté et de l’égalité, il est injuste que le mariage – et les privilèges que celui-ci offre – puisse être réservé à une seule catégorie de famille. Or, s’il y a bien une chose que j’exècre encore plus que les petitesses iniques, ce sont les injustices institutionnelles, d’où mon engagement politique sur cette problématique.

Messieurs et mesdames les opposantes au mariage pour tou·te·x·s, vous pouvez encore renoncer à votre projet. Et si vous ne savez pas quoi faire de votre temps, je ne sais pas moi, recentrez-vous sur des choses essentielles comme le bonheur de votre famille, faites un puzzle ou relisez les classiques de la philosophie libérale, ça pourrait peut-être vous rafraîchir la mémoire quant à la raison d’être de ce principe démocratique que vous détournez de façon abusive.

Lana Cueto. Photo: Pauline Humbert

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