Chroniques

Réflexions, poséx dans mon lit

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Je réfléchis beaucoup, tout le temps, sans cesse. Surtout quand je suis poséx dans mon lit (qui est le meilleur matelas du monde d’ailleurs). Ça me vient comme des flashes que je m’empresse de transcrire dans mon téléphone, couche par couche. Et maintenant j’ai la chance de les partager ici en me faisant un peu de maille. Alors, les voici.

Couche #1:
Ne soyons pas que queer. Soyons géopolitiques aussi, soyons économiques. Rappelons-nous que nous battre pour une amélioration des conditions économiques aide tout autant les personnes queer et fragilisées que nos chemins de déconstruction. Avoir accès à l’éducation, la santé, la politique, c’est tout aussi important que de discuter des pronoms et de la matrice sexe-genre-désir.

#2
Est-ce qu’on peut réellement dire du langage épicène qu’il est inclusif ? Je suis d’accord qu’il inclut plusieurs identités de genre, mais il exclut les personnes qui ont des difficultés avec la langue française, presque à en devenir élitiste. Je dirais plutôt qu’il est visibilisant. Un langage réellement inclusif, pour moi, serait un langage où seuls les radicaux des mots sont utilisés, sans les déclinaisons.

#3
Je me réjouis du jour où je pourrai fumer de la Swiss Fenty.

#4
Je me souviendrai toujours du pincement au cœur que j’ai eu quand ma mère m’a dit qu’elle s’était affamée pour pouvoir m’acheter du lait quand j’étais bébé. Elle en a fait des sacrifices! Je sens qu’elle m’aime. Je le sais. Comment conjuguer cet amour infini avec son rejet lorsque j’ai fait mon premier coming out ? Est-ce qu’elle m’aimait seulement pour la projection qu’elle avait de moi ? Mais, en même temps, est-ce que je ne lui dois pas ma sortie de la classe ouvrière ? Là était toute la complexité dans ma gestion de son rejet.

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