Montreux
#Musique

Raye et Janelle Monáe

jeu 18 juillet, 20:00
Genève

La Rioule du 1er août

jeu 1 août, 16:00
Genève

Viktor Rom fait son show

ven 26 juillet, 23:59
Lausanne
#places à gagner

Sleater-Kinney

ven 23 août, 19:30

Un prozac dans ma bière

Les vagabondages noctambules et pédés d’Allegra Spirine, envoyée spéciale dans le dédale interlope des villes suisses. Ce mois-ci: Lausanne ou Comment je me suis disputée (ma vie conceptuelle).

Dissimulé dans un coin de la cave du MAD, on écoutait Willy nous dire qu’il n’était pas beau, tout en lui recommandant une 1664. Tandis que ses lèvres semblaient ne plus dessiner qu’une douce complainte de silence, on se souvenait avec une chaleur tendre de son prince-albert et les basses distillées par DJ Flow emplissaient alors des cavités à peine révélées par l’abandon de la mémoire. On tentait de rassurer Willy en lui rappelant qu’il est des forces plus puissantes que la cécité stylistique et le dédain de circonstance quand on apercevait Nils fendre la foule, telle une apparition sixtine et sexy, tant le spot qui nous protégeait des regards sans vie illuminait avec grâce son t-shirt madone à mesure qu’approchait sa silhouette. On se rappelait alors que c’est parfois dans les caves les plus convenues que l’intuition fait mentir les peurs et, bien que les âmes fragiles aiment à paresseusement rendre hommage à Truman Capote, que les prières inexaucées ne le sont jamais que par malice et crainte de l’abandon. On envisageait alors les derniers mois comme l’écho sourd d’une réalité plus vaste où la peur et l’orgueil n’engendrent que la violence molle de l’errance, un jeu de dupes, inexorablement. Heureusement, on avait encore quelques coins à enfiler dans la machine pour recommencer d’autres parties, dans d’autres mondes…
En quittant le Trixx avant que la nuit ne condamne l’aube, on murmurait à l’oreille de Willy la prophétie que Claire Devers nous avait soufflée six mois plus tôt sur les rives de Locarno: «Ceux qui font le pari de la générosité s’en sortiront…»
Mercredi, on promettait à Killer Keller d’assister à son set aussi inattendu que prometteur au Cercle. Stéphane B. avait réussi l’improbable pari de le convaincre d’officier aux platines et la soirée promettait de consacrer une fois encore The Killer comme la comète des nuits sans mémoire. Comme souvent, les nuits sans lune commettent le désir sur des chemins inconnus et, si les échos enthousiastes tentaient de nous faire regretter l’égarement, on se rassurait en contemplant l’astre endormi qui nous étreignait encore les côtes tandis que la ville vaquait à ses malversations depuis plusieurs heures.
Le double-six que l’on venait de tirer nous permettait de sauter trois cases et de directement filer au vendredi: «no 43:10, triple bonus, vos forces de vie s’accroissent». Les voix sans nom et sans intonation sur le portable confirmaient que, comme par enchantement, on avait deviné le déroulement de la partie des possibles sans avoir eu à y participer… Les présences de peu ne laissent jamais présager que le conditionnement qu’elles s’imposent.
Les Pet Shop Boys entonnaient pour la quatorzième fois «You found your love before, it comes knocking at your door» quand on se souvenait de Delphine Seirig dans «Rouge baiser»: « Vous savez, Antoine, je ne suis pas une apparition. Je suis une femme.»
Tandis que la reprise de «Pivate Dancer» par Kevin Blechdom déraillait langoureusement sur la platine, on jetait un coup d’œil de complicité au badge à deux balles que nous avait offert Pierandré quelques semaines plus tôt et qui veillait depuis au revers de notre col: «A qui profite le crime?» Sans comprendre l’enjeu fondamental, les regards amusés ne parvenaient qu’à glisser sur le sphinx de malice et l’on embrassait le Major Macherel qui célébrait le temps qui passe au Phare. L’occasion de revoir les regards brillants avec lesquels on avait tant partagé et qui nous donnent l’occasion aujourd’hui de briber la nuit sur ces pages. On feignait de ne pas apercevoir les simagrées si navrantes des sirènes soul-syphililisées et, sentant S. nous enlacer, on remerciait ce salopard de hasard de continuer malgré tout de prendre soin de nous.
Quelques semaines plus tard, on se laissait étourdir par les relents de sueur qu’agitait l’électro opiumée de Luciano au Cercle et qui imposait le retour de Stéphane B. dans le clair-obscur de la nuit comme un sacre. On croisait là Christian qui semblait avoir disparu avec Fréquence Laser. Il nous confiait avoir fraîchement repris les manettes du marketing de Red Bull et nous promettait déjà des Red Bull Culture Zone foutument chiadées pour l’année encore endormie.
Février enlacé par la bise noire nous susurrait ces entêtantes réminiscences et l’on s’embarquait quatre jours plus tard avec Parker, rayonnante apparition parisienne, vers un Cercle cette fois plongé dans les rêveries calmes d’un milieu de semaine. Le set du DJ sombrait derrière la voix de Parker dont l’album continuait de tourner en boucle dans nos pensées, quand on expliquait aux GTV accompagné de Florian, plus titi que jamais dans ses pumas jaunes, que la morale devait présider à chacun de nos mouvements, à chacune de nos émotions. «Se tenir droit pour continuer d’avancer vers la lumière»… Tandis que l’aube éclairait le visage de Parker d’une étrange clarté elfique, on s’émervellait en s’endormant d’avoir traversé une journée, encore.
Allegra Spirine

Eviter la panne à Lausanne:
Le Cercle
1, rue Enning
021 323 40 41
L’ex-Trace, sous la houlette du fondateur du D!, Stéphane Besançon, est parvenu à imposer un club tendance électro dans la ville des boîtes à house. Suivre les flyers.

Le Trixx
23, Rue de Geneve
Sous-sol de L’entrepot (MAD)
021 320 24 11
Incontournable des dimanches garçons-coiffeurs. Ambiance «Souviens-toi l’été dernier à Mykonos»

Le Bar-Tabac
7, rue Beau-Séjour
021 312 33 16
Niché dans l’austère quartier de l’administration
cantonale, plein à craqué tous les soirs. Délicieux crus au verre et, surtout, rillettes de canard, tommes
vaudoises et saucisson régalent les trentenaires bcbg mais j’ai quand même bien tout lu The Face.

Le 43:10
43, rue de Bourg / 10, Chenaux-de-Bourg
Jeudi pédé, deuxième et dernier samedi du mois
tendance lesbienne, le 43 :10 c’est Megève sous popers, Avoriaz sous parapluie japonais. Incontournable.

Le Saxo
3, rue de la Grotte
021 323 46 83
Tous les samedis, le plus vieux bar gay de Lausanne embarque son petit monde pour des Kara-aux-Gays (sic) mémorables (si, si…).

Centre espagnol de Bussigny
1, ch. Chocolatière
1030 Bussigny
Sans doute la meilleure et la plus typique adresse de Suisse romande pour manger espagnol. Les hommes sont au bar et tchatchent devant la TV du pays, tandis qu’à côté on s’empiffre de tapas aussi hallucinants que gargantuesques.

Le Cacib / Chez Carmelo
11, av. des Baumettes
1020 Renens
021 634 34 94
Devenu mythique depuis que le patron (Carmelo) affiche sa trombine dans les annonces, non moins mythiques, qu’il fait paraître dans le Matin. Un must: les menus de saisons à rallonges pour moins de 50 francs.

ICON
17, rte de Genève
Sorte de Colette romand aux prix abordables, sans doute le meilleur et plus malin choix de fringues de créateurs romands ou londoniens. Au fond du vaste espace blanc et turquoise, trois fauteuils de coiffure pour en sortir définitivement métamorphosé. Au cas où: la chose qui vous bave sur les pompes, c’est Léon, le bouledogue français de la patronne. Alors, gentil avec le gremlins…