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MST au féminin? Connais pas…

Les maladies sexuellement transmissibles et autres maladies infectieuses devraient-elles préoccuper davantage la communauté lesbienne? Les milieux concernés déplorent d’abord le manque d’information.

Combien de lesbiennes sont concernées par les MST et autres maladies infectieuses? Il est bien difficile de répondre à ces questions tant l’information à ce sujet fait défaut dans notre pays.
En ce qui concerne le sida, priorité a toujours été mise sur la prévention et la recherche dans le milieu homosexuel masculin du fait, bien entendu, de la prévalence touchant ce groupe de la population. Une politique logique. Mais, pour autant, l’absence ou quasi-absence de connaissance sur la thématique «lesbianisme et VIH» signifie-t-elle absence de risques? Il faut l’avouer, un certain flou règne à ce sujet. Alors que certaines associations font la promotion des digues dentaires auprès des lesbiennes, la réalité du sida dans le milieu, à défaut d’étude, semble impalpable, statistiquement du moins. L’Aide suisse contre le Sida (ASS) possède en effet peu de données sur la quantité de lesbiennes affectées par le VIH. Seul indice: une analyse remontant à 1997 indiquait que 3% des infections VIH concernaient des femmes lesbiennes ou bisexuelles. Cependant, aucune d’entre elles n’avait contracté son infection par des rapports sexuels avec une
femme. «On constate qu’une contamination chez les lesbiennes se réalise en première ligne par des rapports hétérosexuels et par l’injection de drogues», souligne Christoph Schlatter, porte-parole de l’ASS.
La réalité des MST et maladies infectieuses touchant les femmes ne concernent évidemment pas que le sida. Mais là aussi, les chiffres officiels ressemblent à une étendue désertique. L’ASS peut simplement signaler que 24% des femmes, toutes orientations sexuelles confondues, ont une infection de la chlamydia. Le Groupe sida Genève indique de son côté que les MST les plus courantes chez la femme lesbienne sont le papillomavirus, l’herpès buccal et les condylomes acuminés. Il faut se tourner vers des sources médicales étrangères pour trouver des chiffres. Toutes orientations sexuelles confondues, on apprend selon ces sources que près d’une femme sur trois serait porteuse de l’herpès buccal et du papillomavirus. Chez la femme lesbienne, une sur cinq contracterait le «papillon». En outre, le vaginosis bactérien serait plus courant chez la femme lesbienne (jusqu’à une proportion de 50%) que chez l’hétérosexuelle. Une étude britannique a cependant démontré que la prévalence des MST chez les lesbiennes est plus limitée que chez les hétérosexuelles, mais cela n’indique pas qu’«elles ne sont pas en danger».

Manque de soutien
Au-delà des chiffres, de nombreuses femmes interrogées sur ce thème soulignent leur désappointement quant au manque d’information qui prévaut en matière de santé sexuelle des lesbiennes. Quant à la prévention, il faut beaucoup de volontarisme pour en faire. «La prévalence aux MST de l’homosexuelle étant plus faible, les moyens consacrés à une campagne de prévention et d’information sont proportionnellement restreints, indique Christopher Park, chargé d’information au Groupe sida Genève. Le message de prévention doit être soutenu et repris plus en amont par les associations féminines qui ne se préoccupent pas assez de santé et de safer sex.»
L’association féminine homosexuelle Lilith de Lausanne reconnaît la carence. Mais elle s’estime peu soutenue par les organes de santé publique. «Il est spécifié dans nos statuts que le but de l’association est de créer, entre autres, un lieu de prévention, lance Françoise Gaudard, présidente de Lilith. Nous devons donc pouvoir documenter la femme qui s’interroge. A cet effet, nous aimerions rééditer notre brochure Lesbienne et santé, mais son financement n’est pas possible, à cause de notre budget très limité! Cette année, nous allons refaire des démarches pour obtenir une aide bien que nous ne soyons pas considérées comme actives dans la prévention. Nous sommes très souvent mises de côté, alors que nous avons des adhérentes séropositives.»
«Il est vrai qu’il n’y a pas de programmes en cours ou projets spécifiques pour des femmes lesbiennes, reconnaît de son côté Christoph Schlatter à l’ASS. Mais dans le cadre du programme d’action “santé des femmes – priorité HIV – Prévention” de l’OFSP, de 1994 à 1998, une brochure pour les homosexuelles a été publiée. Une réédition a été lancée en 2001 en français. “La santé-parlons-en” est le manuel probablement le plus complet en Europe pour la santé des lesbiennes.»

Gynéco oublié?
Le fait que les lesbiennes fréquenteraient moins souvent un gynécologue que la moyenne des femmes – une récente étude française en a fait la démonstration, qui a débouché sur une vaste campagne dans l’Hexagone – préoccupe aussi le milieu associatif. Une réalité en Suisse aussi? L’idée déconcerte en tout cas Nadia Crivelli, chargée de prévention au Groupe sida Genève. «Je ne peux que conseiller aux lesbiennes de consulter environ une fois par an une gynéco.» A ce niveau, la prise de conscience semble commencer à se faire. L’Organisation suisse des lesbiennes (LOS) et Medigay vont bientôt publier une liste de gynécologues, médecins et thérapeutes répondant aux besoins des homosexuel-le-s. C’est déjà ça.

Les MST et infections courantes
Papillomavirus génital: une infection virale des organes génitaux. Le virus ne se transmet que par voie génitale, sauf rares exceptions. Il s’agit de verrues (papilles) molles qui démangent sur les organes génitaux et à proximité. Une opération du col de l’utérus peut être nécessaire.
Herpès: vésicules sur les parties génitales, qui brûlent et démangent. Un traitement médical peut diminuer les symptômes, mais n’apporte pas de guérison. Pourrait favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus.
Condylomes acuminés: excroissances pointues de la peau, indolores. Traitement par médicaments ou intervention chirurgicale. Pourrait favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus.
Gonorrhée: douleurs persistantes dans le bas-ventre, pertes (passent souvent inaperçues). Selon les pratiques sexuelles, les symptômes peuvent affecter la bouche et la gorge, ou l’intestin. Traitement aux antibiotiques des deux partenaires. Traitée trop tard, peut provoquer la stérilité.
Syphilis: affection luétique, chancre mou. Abcès durs et non douloureux à l’entrée du vagin ou dans l’intestin (passent souvent inaperçus). Stade ultérieur: éruptions cutanées, inflammation des ganglions lymphatiques. Examen du sang et traitement aux antibiotiques des deux partenaires. Non traitée, la syphilis peut provoquer à un stade ultérieur des dégâts au cerveau, au cœur et au système cardio-vasculaire.
Infections par la chlamydia: inflammations de l’urètre. Souvent pas de symptômes apparents, infection fréquemment combinée avec d’autres maladies sexuellement transmissibles.Traitement aux antibiotiques des deux partenaires.Infections douloureuses des organes génitaux, pouvant provoquer la stérilité.